COVID-19 : appels douteux à des aînés de la Basse-Côte-Nord

Photo de Steeve Paradis
Par Steeve Paradis
COVID-19 : appels douteux à des aînés de la Basse-Côte-Nord
La députée Lorraine Richard s'est dite outrée par les appels des dispensaires de la Basse-Côte-Nord aux aînés.

Des personnes âgées de plusieurs villages de la Basse-Côte-Nord ont reçu un appel de l’infirmière de leur dispensaire pour savoir, notamment, si elles désiraient être transférées dans un centre hospitalier de Québec si elles étaient atteintes de la COVID-19 ou si plutôt elles souhaitaient recevoir des soins de fin de vie. Évidemment, plusieurs se sont indignés de ce genre de question.

La députée de Duplessis, Lorraine Richard, est l’une de ces personnes. Dès qu’elle a appris l’existence de ce « sondage » en soirée lundi, elle a contacté le cabinet de la ministre de la Santé et des Services sociaux, Danielle McCann. Dès le mardi matin, les appels prenaient fin.

« J’ai trouvé ça horrible et inacceptable », a pesté Mme Richard, par ailleurs « outrée que personne n’ait levé un drapeau rouge. C’est quelqu’un qui avait un mauvais jugement qui a pris cette décision», a-t-elle ajouté. « Quand la situation de santé d’une personne se détériore, ok, ce sont des questions qu’on peut poser mais là, ce n’est pas du tout le même contexte », d’enchaîner la porte-couleur péquiste.

« Des infirmières ont appelé nos personnes âgées suite à une directive de la santé publique, une directive du gouvernement, mais en Basse-Côte-Nord nous avons de nombreuses personnes âgées qui ont besoin qu’on leur explique. On ne peut pas les appeler comme cela  sans qu’il y ait un membre de leur famille et sans explication claire », a souligné Randy Jones, préfet de la MRC du Golfe-du-Saint-Laurent et maire de Gros-Mécatina.

Ce n’est pas le message en tant que tel qui le choque mais la façon dont tout cela a été fait. « Lorsque j’ai reçu le message sur ce qui se passait, j’en ai perdu l’appétit et le sommeil. Pour nous, les personnes âgées sont notre trésor. C’est notre histoire, notre culture », précise-t-il.

Pas des plus convenables

Le Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) de la Côte-Nord a reconnu « que la façon de s’exprimer n’a pas été des plus convenables auprès de la population de la Basse-Côte-Nord » et qu’il allait rectifier le tir dans sa manière de procéder, a indiqué dans un échange de courriels la porte-parole de l’organisation, Myriam Gagné.

« Le but n’est pas d’inquiéter la population, au contraire, mais de répondre aux besoins et préoccupations, a poursuivi la porte-parole. Chaque personne, ou la personne autorisée en temps de décision, peut réfléchir à son avenir, à ce qu’elle souhaite pour son propre bien. »

Selon Mme Richard, cette manière de faire émanerait de la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec (FMOQ). C’est du moins ce qu’elle a retenu de ses échanges avec le cabinet de la ministre et la direction du CISSS.

La fédération se défend bien d’avoir fait quelque demande que ce soit. « Les directives n’émanent pas de la FMOQ, elles émanent du gouvernement. Nous ne faisons que relayer le message. Nous n’avons aucun pouvoir pour émettre des directives », a soutenu la conseillère en affaires publiques de la FMOQ, Mélissa Turgeon.

La directive est plutôt que les médecins doivent mettre à jour les niveaux de soins pour leurs patients d’ici peu afin, notamment, «d’éviter le plus possible les transferts en milieu hospitalier, particulièrement à l’urgence». À part le dispensaire, il n’y a pas d’urgence dans la grande majorité des localités de la Côte-Nord.

La porte-parole a aussi assuré que la directive s’adressait aux médecins pratiquant dans les centres d’hébergement et de soins de longue durée. «Ce n’est pas pour faire des appels dans la population en général», a assuré Mme Turgeon.

Avec Laurence Dupin

Partager cet article

Laissez un commentaire

avatar
  S'abonner  
Me notifier des