Mason Graphite arrête tout pour une période indéterminée

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Par Charlotte Paquet
Mason Graphite arrête tout pour une période indéterminée
Mason Graphite suspend le projet du Lac Guéret pour une durée indéterminée. Photo capture d'écran

Coup de tonnerre pour l’économie de la Manicouagan. La minière Mason Graphite annonce la suspension de son projet du lac Guéret pour une période indéterminée.

Chez Innovation et développement (ID) Manicouagan et la Ville de Baie-Comeau, qui parlent d’une mise « au cran d’arrêt », on se dit « fortement déçues de cette décision », même si les deux organisations peuvent comprendre la décision.

Le président d’ID Manicouagan et préfet de la MRC Manicouagan, Marcel Furlong, et le maire de Baie-Comeau, Yves Montigny, reconnaissent que la société subit « les contrecoups d’une forte dévalorisation boursière au cours des derniers mois, laquelle compromet actuellement toute possibilité de financement du projet », mentionnent-ils dans un communiqué émis après 17 h jeudi.

Par contre, la situation les inquiètent suffisamment pour qu’elles demandent à Mason Graphite d’identifier un repreneur potentiel pour le projet dans l’éventualité où il lui serait impossible de le réaliser.

Faut-il rappeler que Mason Graphite travaille depuis 2012 à ce projet d’exploitation d’un gisement de graphite naturel de grande pureté, à quelque 285 km le long de la route 389, et de construction d’un concentrateur dans le parc industriel Jean-Noël-Tessier à Baie-Comeau. Depuis 2015, des étapes ont aussi été franchies en vue de l’érection d’une usine de deuxième transformation à deux pas du concentrateur.

L’entreprise est propriétaire d’un terrain dans le parc industriel. Lors de la dernière rencontre du comité de suivi du projet en janvier dernier, il lui manquait toujours autour de 165 M$ pour boucler son financement de 258 M$ (en dollars de 2018).

Demande croissante

M. Furlong et Montigny affirment cependant garder en tête que la demande de graphite, autant naturel que synthétique, sera en croissance pour les prochaines années.

Oui, une baisse de la demande est incontournable dans la foulée de la pandémie de COVID-19, mais ils la prévoient pour les trois prochains trimestres.  « La croissance du graphite ne s’arrêtera pas », martèlent les deux hommes, qui considèrent que les prix du graphite, stables par rapport à 2019, sont appelés à augmenter dans une perspective moyenne et long terme.

Même si les problèmes de liquidités de Mason Graphite la force à mettre son projet minier sur arrêt, les deux élus croient important de « poursuivre le développement de nouvelles capacités de production de graphite au Québec ». Ils insistent sur le fait que les perspectives demeurent bonnes pour le marché du graphite et que les prix ne pourront qu’augmenter avec la hausse de la production de véhicules électriques.

« Notre région souhaite que cet arrêt soit temporaire et de courte durée », écrivent MM. Furlong et Montigny, qui demandent au ministre de l’Économie et de l’Innovation, M. Pierre Fitzgibbon, de s’assurer auprès d’Investissement Québec « que toutes les ressources soient mobilisées afin que le projet minier et le concentrateur prévus pour Baie-Comeau ne restent pas à l’arrêt indéfiniment ».

« Nous, élus de la Manicouagan, persistons à croire que le gisement de graphite du lac Guéret est un projet de classe mondiale, faisable et rentable qui doit être mis de l’avant. Un tel gisement a une valeur stratégique importante pour le Québec et notre région, valeur plus importante que n’importe quelle société privée qui en détiendrait les droits miniers. Dans ce contexte, la Manicouagan est en droit de s’attendre à une reprise du projet d’ici la prochaine année. »

 

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