Le virage de Mason vers la seconde transformation inquiète Pessamit

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Par Steeve Paradis
Le virage de Mason vers la seconde transformation inquiète Pessamit
Le chef de Pessamit René Simon (à gauche) et l'ex-chef de la direction de Mason Graphite, Benoît Gascon, en des moments plus heureux, soit lors de la signature de l'entente entre les Innus et la compagnie. Photo archives

Du côté de Pessamit, on se dit préoccupé du report du projet de première transformation du graphite de Mason Graphite, évalué à près de 300 M$. L’entreprise a fait cette annonce jeudi dernier. Mais on est surtout particulièrement inquiet du virage de l’entreprise vers son projet de seconde transformation.

« On se demande bien où Mason va prendre sa matière première pour son projet de seconde transformation. La Chine est seule à avoir des stocks et elle fait du dumping à des niveaux très bas. Et à partir du moment où la matière première vient de l’extérieur, une compagnie a tout intérêt à s’installer près d’un grand port et en conséquence, la Manicouagan risque d’être mise de côté », a soutenu le chef du Conseil des Innus de Pessamit, René Simon, en entrevue avec Le Manic.

« Prendre une telle décision, c’est complètement ignorer la Manicouagan, et ça ne tient surtout pas compte de l’entente signée avec Pessamit », d’enchaîner le chef. « Et ça ne s’inscrit pas dans les intentions du gouvernement d’assurer une autosuffisance. C’est complètement discordant avec les efforts collectifs.»

M. Simon n’a pas manqué de rappeler que le projet d’une usine de première transformation et l’exploitation d’une mine au lac Guéret, près du réservoir de Manic-5, aurait créé 70 emplois, sans oublier les 40 autres postes nécessaires pour le transport de la matière première. « La deuxième transformation, c’est souvent marginal comme création d’emplois », a-t-il fait valoir.

Dénuée d’empathie

« Ce genre d’annonce est possiblement bien vue par les actionnaires, mais elle est dénuée d’empathie pour les citoyens de la Manicouagan et les Innus de Pessamit », a clamé René Simon, prêt à s’allier avec les élus de la région « afin de faire pression sur le premier ministre (François) Legault et le ministre (Pierre) Fitzgibbon ».

Justement, le maire de Baie-Comeau Yves Montigny et le préfet de la MRC de Manicouagan Marcel Furlong entendent s’assurer auprès d’Investissement Québec « que toutes les ressources soient mobilisées afin que le projet minier et le concentrateur prévus pour Baie-Comeau ne restent pas à l’arrêt indéfiniment ».

« Nous, élus de la Manicouagan, persistons à croire que le gisement de graphite du lac Guéret est un projet de classe mondiale, faisable et rentable qui doit être mis de l’avant. Un tel gisement a une valeur stratégique importante pour le Québec et notre région, valeur plus importante que n’importe quelle société privée qui en détiendrait les droits miniers. Dans ce contexte, la Manicouagan est en droit de s’attendre à une reprise du projet d’ici la prochaine année », ont indiqué les deux hommes dans un communiqué conjoint.

La direction de Mason Graphite n’a pas retourné les appels du Manic.

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