En tirerons-nous des leçons?

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Par Charlotte Paquet
En tirerons-nous des leçons?
Nous nous souviendrons de nos aînés en CHSLD emportés par une vague de décès sans précédent. Photo iStock

Un mois. Oui, un mois déjà que la vie a basculé pour tous. Qu’un virus à la force de frappe insoupçonnée nous a sauté dessus, nous faisant prendre conscience de la fragilité de notre existence, de notre quotidien et de ces contacts humains qu’on tenait pour acquis. Oui, la vie a changé!

Plus rien n’est pareil. Plus rien ne sera pareil pour des mois encore. Peut-être même des années. Peut-être même pour toujours.

Un peu à l’image de nos parents ou nos grands-parents qui ont vécu la guerre, la grippe espagnole ou même le krach de 1929, nous nous souviendrons toujours de la COVID-19. Et les enfants de nos enfants ou de nos petits-enfants se feront raconter l’histoire à leur tour.

Nous nous souviendrons de nos aînés en CHSLD emportés par une vague sans précédent de décès. De nos proches de 70 ans et plus encouragés à demeurer à la maison pour éviter d’être contaminés et d’y passer.

Nous nous souviendrons aussi de toutes ces mises à pied temporaires (peut-être même permanentes) faites par des employeurs attristés, mais forcés de diminuer leurs activités ou même de fermer leurs portes par respect pour les consignes sanitaires. Aux grands maux, les grands remèdes si l’on veut gagner la bataille contre le coronavirus.

Comme journaliste à la couverture générale de l’actualité, j’ai la chance de travailler. Les médias d’information sont des services essentiels. Mais mon cœur saigne quand je vois plusieurs collègues de travail désormais bénéficiaires de la Prestation canadienne d’urgence du gouvernement fédéral. Quand je vois tant et tant d’autres personnes dans la même situation.

Mais comme on dit, il faut ce qu’il faut. On ne fait pas d’omelette sans casser des œufs et dans ce cas-ci, la lutte à la COVID-19 tient lieu de nom de recette.

Oui, la vie a bien changé. Ça nous saute d’ailleurs en plein visage lorsqu’on réalise que le premier ministre François Legault, son directeur national de la santé publique, le Dr Horacio Arruda, et sa ministre de la Santé, Danielle McCann, sont devenues des personnages vedettes du petit écran grâce à leur point de presse quotidien de 13 h. Avec eux, les Stéphane Pouliot, Bruno Gagné, Florence Guindon et Noélie St-Hilaire de District 31 peuvent aller se rhabiller.

Des éclaircies bienveillantes

Mais dans ce ciel ombragé et inquiétant pendant la mise sur pause du Québec apparaissent des éclaircies, des rayons de soleil même. Des gens, pour qui le bénévolat c’était pour les autres, lèvent aujourd’hui la main bien haut pour aider leur prochain.

Des initiatives sont lancées et trouvent un bel écho. La générosité s’exprime de différentes façons.

Plus que jamais, les gens sortent dehors et déambulent dans les rues. Paradoxalement, le confinement semble inciter à prendre l’air. On se sourit. On se salue. Mais on garde nos distances, ça, c’est sûr. Deux mètres, c’est deux mètres!

Reste maintenant à souhaiter que cette période de chambardements qui est la nôtre depuis la mi-mars nous permette d’en tirer des tirer des leçons, petites ou grandes.

Pour ne pas que tout cela ait été vain.

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Raphaël Hovington
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Raphaël Hovington

Bien vrai, je n’avais jamais vu autant de gens prendre de l’air sur ma rue! J’ai même entendu des rires, ce qui est très rassurant. La COVID-19 nous aura appris une chose, c’est que dans la fragilité se développe également le goût d’améliorer sa qualité de vie et celle des autres.