COVID-19 : la vie sexuelle peut souffrir du confinement

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Par Steeve Paradis
COVID-19 : la vie sexuelle peut souffrir du confinement
Tout dépendant des facteurs déjà en place, le confinement peut être néfaste pour la vie sexuelle d’un couple. Il peut toutefois aussi être bénéfique. Photo iStock

Comme bien d’autres facettes de la vie en confinement, la sexualité peut aussi être affectée par la pandémie de la COVID-19. Là comme ailleurs, il faut prendre les moyens pour s’assurer que d’éventuelles insatisfactions ne prennent pas le dessus sur le reste.

« Le confinement a des impacts assez drastiques sur tout le monde, qu’on soit en couple ou pas, qu’on vive ensemble ou non », a fait valoir la sexologue et développeuse web Mahault Albarracin, de la plateforme web Sexualis.

Pour les gens qui vivent ensemble, Mme Albarracin recommande de ne pas tenter de devenir ce que leur couple n’est pas.

« Il y a des couples fusionnels, qui sont toujours ensemble et qui font toujours tout ensemble. Là, tous les facteurs des couples fusionnels sont là, mais ce n’est pas nécessairement tout le monde qui devient comme ça », souligne-t-elle en indiquant qu’on peut être fusionnel, mais dysfonctionnel, et que « la distance peut être bonne ».

La sexologue signale donc qu’il peut être profitable pour un couple, qui se retrouve à se voir 24 h sur 24 alors que ce n’est pas le cas dans la vie « normale », de se dénicher du temps seul afin de conserver un certain équilibre.

« C’est l’occasion de créer une séparation de façon artificielle, si possible, et choisir ensuite le moment où on fera vraiment quelque chose ensemble, pas seulement écouter la télé », enchaîne la spécialiste, en entrevue avec le journal Le Manic. « Il ne faut pas non plus prendre pour acquis le temps qu’on passe avec notre partenaire. »

Mahault Albarracin prévient toutefois de ne pas précipiter les choses. S’il y a un conflit latent ou que le partenaire a d’importantes préoccupations, mieux vaut ne rien brusquer.

« C’est possible que, tout simplement, le stress, la peur ou une certaine dépression fassent diminuer le désir. Ça devient donc difficile de faire des demandes (d’ordre sexuel) à son partenaire quand on a de l’empathie pour ce qu’il vit. Aussi, quand il y a un conflit, ce n’est pas très intéressant de se rapprocher. Toutefois, il y a des gens pour qui le couple va aller mieux et qui verront leur partenaire comme une personne importante dans leur vie. »

Pas plus facile pour les célibataires

La vie sexuelle en confinement peut être encore plus difficile pour les célibataires, qui doivent gérer autrement leur isolement. Certains transgressent les règles et sortent de chez eux pour trouver un partenaire, ce qui augmente à la fois les risques de transmission de la COVID-19 et d’infection transmise sexuellement.

« Des gens se disent : ça ne s’applique pas à moi, ces règles, j’ai été confiné, et ils sont potentiellement prêts à prendre des chances. Mais si on a une relation sexuelle avec une personne, on ne sait pas si elle a eu d’autres partenaires. On ne sait rien », de lancer Mme Albarracin, rappelant au passage que durant la crise du SRAS, en 2003-2004, « on a vu une hausse significative des comportements sexuels à risque ».

La sexologue soutient qu’avec les moyens techniques dont on dispose désormais sur le web, « on peut avoir un rendez-vous avec une autre personne, on peut même avoir du sexe avec une autre personne, mais sans contact physique direct ».

La plateforme Sexualis, que la sexologue a cofondé avec une collègue, Eugénie Larrivée, sera en fonction à partir du 30 avril. Il sera alors possible d’obtenir rapidement une consultation en ligne avec un professionnel de la sexologie.

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