COVID-19 : l’industrie touristique crie à l’aide

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Par Steeve Paradis
COVID-19 : l’industrie touristique crie à l’aide
Le maire de la municipalité de L’Île-d’Anticosti estime que l’économie de l’île pourra se refaire un peu si la saison de chasse au chevreuil a lieu comme d’habitude, ou à peu près. John Pineault a cependant fait une croix sur la saison estivale. Photo Tourisme Côte-Nord, Marie Malherbe

Comme ses semblables à travers le Québec, Tourisme Côte-Nord vient de lancer un appel à l’aide à Québec, attendant avec impatience le plan du gouvernement pour le soutien à l’industrie et le calendrier de déconfinement. Sinon, il sera trop tard pour beaucoup trop d’entreprises.

« L’industrie touristique a été la première touchée (par la crise) et sera probablement la dernière à pouvoir se relever », a lancé le coprésident de Tourisme Côte-Nord, Yanick Morin. « Il va falloir que notre gouvernement nous vienne en aide, au moins pour payer les frais fixes des entreprise. », ajoute celui qui est également copropriétaire de la ferme 5 Étoiles de Sacré-Cœur.

L’autre coprésident de l’organisme rappelle que l’industrie touristique est « d’une importance capitale » et que la Côte-Nord « a connu une croissance exceptionnelle de l’industrie ces dernières années ».

John Pineault soutient que Tourisme Côte-Nord « veut faire partie de la relance comme partenaire et de façon sécuritaire », disant comprendre que « la santé publique, c’est non négociable ».

M. Pineault, aussi maire de la municipalité de L’Île-d’Anticosti, confie au passage avoir fait son deuil de voir des touristes cet été sur l’île.

« On a déjà mis une croix sur la saison estivale, puisque le Bella-Desgagnés ne sera pas en opération et que la SÉPAQ ne rouvrira pas avant la fin juillet. Ce sera difficile, mais on peut passer au travers tant que la saison de chasse peut avoir lieu », a-t-il déclaré en faisant valoir que le tourisme représente « le poumon et le cœur de notre économie ».

Plus d’un demi-million

Selon Tourisme Côte-Nord, la région attire 532 000 visiteurs par année, dont le quart provient de l’extérieur du Québec. Les 467 entreprises du milieu sur la Côte-Nord ont permis de générer des retombées économiques annuelles de 202 M$.

De toute évidence, les 25 % de touristes étrangers ne seront pas au rendez-vous en 2020. « On va miser sur un tourisme régional et interrégional. Les Québécois vont redécouvrir le Québec », escompte Yanick Morin, signalant que la province a « réussi à développer le tourisme international et il y aura un manque à gagner de ce côté, c’est sûr ».

Pour sa part, le maire Pineault estime que la Côte-Nord, à terme, saura retrouver sa bonne part de touristes étrangers, même si les façons de voyager des gens risquent forcément de changer avec la pandémie de COVID-19.

« Il va y avoir des séquelles profondes, mais dans un monde où l’environnement va prendre encore plus de place, l’offre de la Côte-Nord saura se démarquer. L’avenir est là, mais l’industrie reste très fragile », argue-t-il.

Jusqu’ici, le monde du tourisme n’a pas eu de réactions à ses demandes de la part du gouvernement. « Le gouvernement s’occupe de nombreux secteurs, c’est très bien, mais il devra aussi se préoccuper du secteur touristique. On veut un signal qu’on n’a pas été oublié », a soutenu M. Morin. « Le gouvernement a tout intérêt à nous aider et il sera gagnant s’il sauve nos entreprises. »

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