Chronique : Acte 1, scène 1 : coupez

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Par Marcel Marsolais
Chronique : Acte 1, scène 1 : coupez
Theater stage red curtains Show Spotlight

Même si la Côte-Nord, le Québec, le Canada et le monde se remettent tranquillement en marche, il y a des secteurs de notre vie collective qui tardent à retrouver leur vitalité à la suite de la pandémie de COVID-19.

Ouvrir un chantier de construction ou un commerce peut se faire si les mesures sanitaires sont prises et que la clientèle respecte la distanciation sociale. Plus difficile d’ouvrir les salles de spectacles pour y voir se déployer les arts de la scène. Encore moins dans les régions ressources ou « la couleur culturelle locale » repose sur des artistes passionnés(es) avec des budgets faméliques.

Le gouvernement Legault a annoncé une enveloppe de 400 M$ pour le monde culturel, mais plusieurs questions demeurent pour assurer à ce milieu une reprise digne de ce nom.  C’est bien beau l’argent, mais rien n’a été précisé quant à l’utilisation des espaces de théâtre : comment et combien de personnes pourront assister à un spectacle en salle?

La ministre de la Culture et des Communications, Nathalie Roy, a dit que les artistes devaient se réinventer. Ils ne font que ça se réinventer, les artistes. Elle propose des spectacles en plein air. Bon, ça va pour l’été, mais combien d’entre vous iraient voir Les Belles-sœurs de Michel Tremblay au parc des Pionniers au mois de janvier?

Le Programme de relance économique du milieu culturel prévoit 51 M$ pour soutenir la production d’œuvres dans des espaces adaptés qui respectent le 2 mètres de distanciation.  Ça peut toujours aller pour les grandes salles, on finira par trouver une façon de faire, mais presque impossible pour les petits théâtres. Alors, que devront-ils faire pour survivre? Parallèlement, plusieurs abonnés de théâtre sont des personnes à la retraite.  Comment les rassurera-t-on dans les salles de spectacles déconfinées?

Plus dramatique toutefois, il y a le sort réservé aux artistes. Le gouvernement souhaite l’adaptation des productions aux plateformes numériques. Les arts vivants sont toutefois beaucoup plus qu’un support informatique. Ils sont un moment, un senti, une présence réelle qui fait vivre des émotions. Le public réagit et se regarde, créant une atmosphère.

La ministre de la Culture et des Communications, Nathalie Roy, a dit que les artistes devaient se réinventer. Ils ne font que ça se réinventer, les artistes. Elle propose des spectacles en plein air. Bon, ça va pour l’été, mais combien d’entre vous iraient voir Les Belles-sœurs de Michel Tremblay au parc des Pionniers au mois de janvier?

Certains artistes sont des créateurs et d’autres des interprètes.  Il n’y a donc pas un seul sens au mot artiste. Que fera-t-on de ces chanteurs d’opéra qui mettent un temps fou à répéter une œuvre? Parce qu’ils ne produisent pas, peuvent-ils espérer survivre à la Prestation canadienne d’urgence?

Qui va payer les éclairagistes, les techniciens de décor, etc? Pourra-t-on également faire de grandes productions théâtrales à gros budgets dans des salles pleines au tiers? Et puis, pourra-t-on présenter ces grandes productions coûteuses dans notre région?

Comme on le voit, plusieurs questions demeurent en suspens. Mais on devra trouver rapidement des réponses pour que nos artistes locaux puissent s’exprimer à nouveau dans des lieux adaptés à leurs productions. La vie culturelle de notre région en dépend. Elle  repose cependant sur nos créateurs et  interprètes. Évitons que la dernière scène ne tourne à la tragédie. Bon été!

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Jean-François Laferté
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Jean-François Laferté

Toujours intéressant de lire un point de vue différent sur un sujet maintes fois traité:un bon texte encore une fois!