Le port du masque, loin d’être dans les moeurs

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Par Charlotte Paquet
Le port du masque, loin d’être dans les moeurs

Êtes-vous de ceux qui possèdent un masque pour limiter la propagation de la COVID-19? Oui, possiblement. Êtes-vous de ceux qui le portent dans les endroits où il est recommandé de le faire? Non, probablement.

Malgré une sortie en règle d’un groupe de médecins spécialistes du Québec il y a une quinzaine de jours, qui réclamait de rendre obligatoire le port du masque dans certaines situations, le gouvernement refuse de passer à cette étape. Il préfère se limiter à le « recommander fortement » et à répéter inlassablement les messages en ce sens dans les médias.

À Baie-Comeau, on croirait observer un tantinet plus de gens qui portent le masque dans les épiceries et certains commerces. Oui, leur nombre se compte parfois sur les doigts d’une seule ou des deux mains dans chaque endroit, mais en l’espace d’un mois ou deux, il semble y avoir un changement, si léger soit-il.

Or, partout où le respect de la distanciation physique risque de poser problème, le masque demeure un bon moyen de protéger les autres. Les protéger des gouttelettes qu’on pourrait laisser échapper et ainsi contaminer nos vis-à-vis si, par malheur, nous étions porteurs du virus sans le savoir. Car il ne faut pas perdre de vue que le risque de transmission provient aussi des personnes présymptomatiques et asymptomatiques.

Le lavage fréquent des mains (qui devrait pourtant être acquis depuis toujours, mais bon) et la distanciation physique de deux mètres sont importants pour limiter la propagation, mais le masque a également sa place. Les autorités de la santé publique le préconisent, même si au Québec, elles ont pris un certain temps avant d’en venir à ce constat, on se souviendra.

À Rimouski, la semaine dernière, deux employés asymptomatiques d’une résidence pour aînés ont été testés positifs, dont l’un ayant été en contact avec des résidents. Comme les deux travaillent avec les équipements de protection individuelle requis, comme le masque, les risques de contamination étaient jugés très faibles.

Loin, mais pas tant

Dans la Manicouagan, on se sent loin de la COVID-19, c’est un fait. Avec un total d’à peine 14 personnes testées positives dans les premières semaines de la crise sanitaire et l’absence de nouveaux cas depuis le 7 avril, le coronavirus ne soulève guère de crainte. Pourquoi faire attention, il n’y en a pas de cas, se disent plusieurs personnes.

Ainsi, dans les épiceries et les magasins à grande surface, malgré les flèches au sol pour diriger les clients et les pastilles dans les files d’attente aux caisses, le respect de la distanciation est loin d’être acquis. Dans d’autres commerces aussi. L’employé qui te passe sous le nez plutôt que de te contourner ou encore un client qui a la tête ailleurs, ça arrive.

Parfois, ce sera nous qui ferons fi, involontairement évidemment, de cette distance protectrice. Ce n’est tellement pas dans nos mœurs de se tenir loin des gens, comme ce n’est pas dans notre culture de porter le masque.

Avec le déconfinement, les gens se sont remis à voyager au Québec et c’est tant mieux pour l’économie et… notre santé mentale. Mais qui dit déplacements, dit également davantage de risques face à la pandémie.

Même s’il n’y a rien de plaisant à porter un masque, que ce soit pendant 5 ou 40 minutes et surtout en été, c’est bien peu comme désagrément lorsqu’on pense aux bénéfices.

Une fois la belle saison passée, une deuxième vague de coronavirus surviendra-t-elle au pays? Il semble qu’on n’y échapperait pas. Est-ce que la Manicouagan sera une fois de plus bénie des Dieux? Là est la question!24

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