La pandémie accélérera-t-elle la fermeture de lieux de culte?

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Par Charlotte Paquet
La pandémie accélérera-t-elle la fermeture de lieux de culte?
L’abbé Jimmy Delalin a célébré ses premières messes d’après-confinement les 27 et 28 juin à Pointe-aux-Outardes et à Chute-aux-Outardes. Photo courtoisie

Les paroisses de la Côte-Nord ne roulaient déjà pas sur l’or avant, mais la pandémie de COVID-19 est venue fragiliser davantage leurs finances en les privant de rentrées d’argent. Est-ce que la situation pourrait accélérer la fermeture de certaines églises? C’est à prévoir.

« Ça fait trois mois et demi qu’on n’a pas de quête. Il y a des aspects financiers (liés à la crise) très réels », laisse tomber l’abbé Jimmy Delalin. Il croit que partout au Québec, la crise sanitaire va devancer la décision de mettre la clé sur la porte de certaines églises.

Le prêtre exerce son ministère dans trois paroisses de la Manicouagan. À Chute-aux-Outardes et à Pointe-aux-Outardes, les églises sont rouvertes, mais celle du secteur Les Buissons demeure fermée. « On n’a pas d’argent dans le compte. On a décidé de rouvrir qu’une seule église à Pointe-aux-Outardes. »

Il faut dire que la petite église avait été fermée pendant l’hiver pour sauver des sous, mais en vue d’une réouverture en avril, à temps pour la traditionnelle neuvaine à Saint-Antoine de Padoue. C’était sans compter la mise sur pause du Québec tout entier dès le mois de mars.

« Déjà, on était très fragilisés sur la Côte-Nord », avoue l’abbé Delalin. Même si plusieurs églises sont très petites et ne coûtent pas très cher à entretenir, en même temps, leurs fidèles sont âgés, souvent de 75 ans et plus. Et avec la crainte du coronavirus, plusieurs d’entre eux risquent de retarder leur retour à l’église par crainte de contamination.

Dimanche, à l’église de Chute-aux-Outardes, la quête n’a même pas rapporté 100 $. « Comment voulez-vous faire tourner une église avec 100 $ », interroge le prêtre, en ajoutant que les derniers mois ont permis de révéler encore plus de grandes vulnérabilités.

Malgré tout cela, l’abbé Delalin garde confiance. « On peut passer au travers, mais la condition est toujours la même : que les chrétiens prennent en charge leur communauté. »

En rappelant le message du pape François voulant que l’Église doit sortir des lieux physiques et se faire missionnaire pour rejoindre les gens, le prêtre dit croire que les bouleversements des derniers mois sont un signe des temps qui pavera la voie à une renaissance.

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Cécile Deschênes
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Le Vatican roule sur l’or, ne pourrait-il pas aider ses églises ?