Collision avec un orignal : « Mes brakes ont crié, puis ç’a fait paf! »

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Par Charlotte Paquet
Collision avec un orignal : « Mes <i>brakes</i> ont crié, puis ç’a fait paf! »
L’impact avec l’orignal a été terrible, comme on peut le voir sur le véhicule d’Yves Boulianne. Photo courtoisie

« Il est apparu d’un coup sec en avant de moi. J’ai dit fuck et j’ai mis les brakes. Mes brakes ont crié, puis ç’a fait paf! J’ai vu les pattes revoler. »

Ces pattes dont parle Yves Boulianne, un citoyen de Ragueneau, sont celles de l’orignal avec lequel il est entré en collision le mercredi 22 juillet, vers 22 h 30, sur la route 138 entre le carrefour giratoire de Pointe-Lebel et l’intersection menant à Pointe-aux-Outardes.

La bête n’a pas survécu. Lui, il l’a échappé belle avec des douleurs au cou et un dessus de tête amoché, mais il n’a pas l’intention que les choses en restent là. Il dit vouloir éviter des morts. « Moi, j’ai été chanceux, mais le prochain ne le sera peut-être pas. »

M. Boulianne réclame l’installation de clôtures anticervidés ou encore de lampadaires sur le tronçon problématique de la route 138 où, dit-il, les collisions avec les orignaux se répètent depuis au moins trois ans. « Je vais tenir mon bout, madame. Il va falloir qu’ils fassent quelque chose avec ça », assure-t-il, tout en rappelant les kilomètres et les kilomètres de ces clôtures dans la région de Charlevoix.

Déjà, il a tenté de contacter le député de René-Lévesque, Martin Ouellet, pour le sensibiliser, mais ce dernier était alors en vacances. Il a aussi envoyé un message texte au maire de Baie-Comeau, Yves Montigny. Il compte joindre les maires de la péninsule Manicouagan afin qu’ils l’épaulent dans sa croisade.

« On dirait que ça prend des morts (pour des actions) », martèle le Ragueneauvien. À ce sujet, il souligne qu’il aura fallu le décès d’un cycliste dans la côte du boulevard Laflèche, communément appelée la côte de l’Onyx, pour qu’une piste cyclable soit aménagée sur cette artère.

Direction Baie-Comeau

Quand la collision avec l’orignal s’est produite, M. Boulianne roulait en direction de Baie-Comeau pour commencer son prochain quart de travail de nuit. Comme il sait pertinemment qu’un cervidé peut sortir à tout moment de la forêt à la noirceur sur le tronçon problématique, il roulait un peu en deçà de la limite de vitesse permise de 90 km/h dans le secteur.

« À une distance de huit pieds environ, c’est là que je l’ai vu. On le voit et on est rendu dessus. Les lumières des voitures, je pense que ça les attire », raconte celui qui n’a pu éviter la bête.

Comme un autre véhicule arrivait au loin en sens inverse, il a réduit l’intensité de ses phares. L’autre conductrice a fait la même chose. Il était donc encore plus difficile de distinguer l’animal à une bonne distance.

Une fois la collision survenue, la dame de l’autre véhicule, dans lequel prenait aussi place son adolescent, s’est immobilisée pour porter secours à la victime. Selon M. Boulianne, elle s’est alors dite consciente que si ce n’était pas lui qui heurtait l’animal, c’était elle, car la bête traversait alors la route 138 du sud au nord.

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Raphaël Hovington
Raphaël Hovington
3 mois

C’est déjà arrivé à deux collègues de travail, mais dans le coin de Colombier. Ils ont eu la peur de leur vie. J’ai déjà vu un orignal le long de la 138, mais quelque part avant Franquelin. L’animal a comme paniqué à la vue des phares de la voiture, mais heureusement, rien n’est survenu. M. Boulianne a raison; il faut que quelque chose soit fait pour contrer tout accident possible. Nous vivons entourés par la mer et la forêt. Les animaux sortent du bois par moment, alors il est essentiel que des actions soient posées pour protéger les automobilistes.