Du nitrate d’ammonium transite par le port de Baie-Comeau

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Par Charlotte Paquet
Du nitrate d’ammonium transite par le port de Baie-Comeau
Des chargements de nitrate d’ammonium destinés à l’industrie minière transitent par le port de Baie-Comeau sur une base régulière.

Du nitrate d’ammonium transite par le port de Baie-Comeau depuis 2018. Destiné à l’industrie minière du nord, ce produit est déchargé, entreposé et transporté dans le respect des normes canadiennes, assure le directeur de la Sécurité publique de la Ville, Alain Miville, pour qui la situation chez nous est à des années-lumière de celle à l’origine de la tragédie effroyable survenue dans le port de Beyrouth au Liban, en début de semaine.

« Il faut faire attention. Ce qui s’est passé là-bas, il n’y a rien de comparable avec les mesures en place au Canada », insiste M. Miville. Même si le nitrate d’ammonium est un produit dangereux, les règles en vigueur qui l’entourent permettent de faire les choses en sécurité.

Un plan de mesures d’urgence spécifique au nitrate d’ammonium est d’ailleurs en place. Les autorités de la Sécurité publique de la Ville de Baie-Comeau y sont associées, tout comme le propriétaire du produit, le Groupe EPC, les responsables du déchargement et de l’entreposage et Transport Canada.

Le produit arrive dans des poches et est entreposé seul dans un bâtiment, le temps d’être transporté par la route chez le client. « C’est un produit qui est fait pour être entreposé seul », insiste celui qui considère que les mesures en place permettent d’assurer la sécurité.

Si le nitrate d’ammonium est largement utilisé à des fins agricoles ailleurs, chez nous sur la Côte-Nord, c’est auprès des minières qu’il trouve son utilité. Mélangé à une autre substance, il devient un produit explosif. Sans cela, il n’est pas considéré comme un explosif, selon M. Miville.

En revenant sur la déflagration qui a détruit le port de Beyrouth et une bonne partie de la ville du Liban, le directeur de la Sécurité publique martèle qu’à Baie-Comeau, « on n’est pas à la même place du tout. » Selon lui, au Canada, aucun entreposage ne pourrait se faire de manière non sécuritaire.

Une inspection récente

Transport Canada veille au grain avec des inspections régulières. Dans les premiers mois de 2020, quatre inspecteurs ont d’ailleurs débarqué à Baie-Comeau pour s’assurer que tout était fait dans les règles de l’art avec le nitrate d’ammonium.

« C’est sûr que c’est un produit qui fait peur, mais au niveau de la sécurité, il n’y a pas de danger parce qu’il est entreposé seul. Il ne faut pas voir ça comme étant un risque. On est à des milles et des milles de la situation qui s’est passée là-bas. Ici, tu as les normes, les inspections. Tu as tout », conclut-il.

De son côté, le Groupe EPC, fabricant du nitrate d’ammonium qui transite par Baie-Comeau, assure respecter « pleinement les normes et règlements canadiens qui sont parmi les plus stricts du monde dans ces domaines ».

Comme l’écrit dans un courriel Michel Chiodi, responsable du développement pour le Canada et une partie de l’Amérique latine, les activités de l’entreprise au pays sont contrôlées et validées par Ressources naturelles Canada, division des Explosifs (ERD), la Sûreté du Québec, la Gendarmerie royale du Canada et Transport Canada.

« C’est la raison pour laquelle l’événement de Beyrouth ne nous inquiète en rien pour nos opérations, pas plus à Baie-Comeau que dans l’ensemble des sites du Groupe EPC. »

Arguant des raisons de sécurité, M. Chiodi refuse cependant de s’étendre sur différents détails entourant le transbordement de nitrate d’ammonium chez nous, notamment au chapitre des volumes ou de la durée de l’entreposage.

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