Un si bel été

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Par Marcel Marsolais
Un si bel été
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Dieu merci, nous avons eu un bel été. Alors que la pandémie a eu raison de nos projets de voyage en Europe, de nos road trips aux États-Unis et même de notre camping au Nouveau-Brunswick, nous avons pu profiter du beau temps pour tourner autour, comme on dit lorsqu’on ne sait pas trop où aller.

N’empêche, certains plus audacieux n’ont pas hésité à se lancer dans la visite du Québec. Tout ça a donné des discussions du genre : dans quel sens as-tu fait le tour de la Gaspésie, par la baie des Chaleurs ou par la Côte? Ben, par la côte voyons. C’était pas de la bonne façon pour voir le rocher Percé. Ah! Bon, mais je l’ai vu quand même.

On s’est aussi aperçu que certains Québécois pouvaient aussi se comporter en crétins en déversant leurs déchets un peu partout sur nos plages. On pouvait difficilement blâmer les touristes d’ailleurs cet été, on en n’avait pas.

La pandémie a permis aux gens d’ici de redécouvrir  le Québec et  particulièrement la Côte-Nord. On dit même que notre région a été celle où le nombre de terrains et de chalets à vendre ont trouvé preneurs dans une très forte proportion. Ce n’est pas une mauvaise chose.

Plusieurs citadins y voient là l’occasion de venir faire du télétravail loin de l’effervescence des villes et loin des foyers de pandémie. Ce pourrait être aussi l’occasion de développer et de repeupler certaines régions si le réseau internet pouvait le permettre, ce qui n’est pas acquis pour autant.

La région Manicouagan, comme la Haute-Côte-Nord, pourrait très bien tirer son épingle du jeu devant cette nouvelle façon de faire. Baie-Comeau, par exemple, dispose d’un réseau internet fiable, capable de répondre à l’envoi de fichiers lourds et dispose de services de proximité (épicerie, pharmacie, électroniques) pouvant répondre aux besoins du télétravail.

Ce qui manque toutefois, c’est ce que l’on voit apparaître dans certaines villes plus avant-gardistes qui construisent des unités de travail disponibles pour des réunions d’un jour, de rencontres d’affaires temporaires, que les travailleurs et travailleuses à distance peuvent emprunter sans se ruiner. Bref, rien qui ne ressemble aux gros édifices des villes, mais qui ont plutôt l’air d’un centre de villégiature le long du fleuve. On est là-dedans.

Nous entrons probablement dans une nouvelle façon d’entrevoir le monde du travail.  Comme nous devrons aussi entrevoir le fait que le port du couvre-visage deviendra un nouveau réflexe.  La pandémie a modifié non seulement notre rapport au boulot, mais aussi la façon dont nous entrons en contact entre humains.

En définitive, dites-vous une chose; c’est que peu importe le sens dans lequel vous visiterez la Gaspésie ou la Côte-Nord, on a attiré des télétravailleurs qui découvrent ces régions et ils comprennent qu’ils sont capables d’y travailler à distance en toute sécurité pour eux et leur famille. Est-ce le retour des régions-ressources?

Vraiment, un très bel été plein d’espoir que celui de 2020.

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