Aluminium : « On savait depuis le début que ça ne tenait pas la route »

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Par Charlotte Paquet
Aluminium : « On savait depuis le début que ça ne tenait pas la route »
La décision des États-Unis de ne plus imposer de droits douaniers sur l'aluminium canadien réjouit tout le monde, évidemment.

« Honnêtement, on savait depuis le début que ça ne tenait pas la route », réagit le président du Syndicat national des employés de l’aluminium de Baie-Comeau, Michel Desbiens, à la suite de la décision des États-Unis de surseoir finalement à l’imposition de tarifs douaniers sur les exportations d’aluminium canadien.

Évidemment heureux du dénouement, Michel Desbiens affirme que la nouvelle rassure le syndicat. Même s’il indique que la surtaxe de 10 % imposée depuis la mi-août n’a pas eu le temps de faire mal à l’aluminerie Alcoa de Baie-Comeau, la situation aurait pu facilement être différente avec le temps.

« Quand tu payes une taxe, c’est certain que tu as moins de capitaux pour investir », précise celui qui craignait les répercussions sur les investissements à long terme dans l’usine.

Aujourd’hui, le président du syndicat, qui représente quelque 700 membres, a bon espoir que la situation sera stable pour un certain temps, quoique les lendemains de l’élection américaine comportent son lot d’incertitude. Comme il s’agissait de la deuxième fois en deux ans que les Américains imposaient une surtaxe sur les exportations d’aluminium canadien, M. Desbiens ne prend rien pour acquis. « En espérant qu’on va être tranquilles pour une secousse », laisse-t-il tomber.

Ce dernier salue enfin le travail fait par le gouvernement canadien pour casser la décision américaine, renversement confirmé par le bureau du représentant américain du Commerce, mardi, sous prétexte que les exportations d’aluminium ont diminué au cours des derniers mois. Cette annonce a été faite le jour même où le Canada devait dévoiler à son tour des mesures de représailles contre des biens provenant des États-Unis.

Le Bloc soulagé

Du côté du Bloc québécois, on est soulagés. Maintenant que la page est tournée, il demande à ce que le gouvernement s’occupe de soutenir la diversification du secteur de l’aluminium.

La députée de Manicouagan, Marilène Gill, considère toutefois que le dossier de l’aluminium n’est pas pour autant fermé. « Malgré la levée des tarifs, le gouvernement doit assurer un soutien financier sérieux à l’industrie de l’aluminium pour la rendre plus compétitive, non seulement en raison de la concurrence, mais aussi de la crise économique qui sévit. Nous le devons à nos gens, que ce soit à Baie-Comeau, à Bécancour ou à Arvida », indique la députée de Manicouagan par voie de communiqué.

Ce souci de compétitivité passera notamment par la diversification. Les bloquistes réclament des investissements dans la deuxième et la troisième transformations.

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