Le MFFP veut documenter la migration des cerfs de Virginie en Côte-Nord

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Par Johannie Gaudreault - Initiative de journalisme local
Le MFFP veut documenter la migration des cerfs de Virginie en Côte-Nord
Courtoisie

La présence des cerfs de Virginie sur le territoire de la Côte-Nord n’est pas documentée de façon technique alors le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs (MFFP) demande aux résidents et visiteurs observateurs de cette espèce de lui signaler via un formulaire en ligne.

« En tant que gestionnaire de la faune au Québec, le ministère a la responsabilité de suivre la répartition et l’abondance des espèces fauniques au Québec, qu’elles fassent l’objet de prélèvement ou non », explique Catherine Thibault, conseillère en communication au MFFP.

« Nous sommes dans la phase de documentation pour évaluer comment l’abondance évolue dans le temps, confirme la biologiste Sandra Heppell, responsable du dossier au MFFP. Nous ne pouvons pas implanter de technique comme la surveillance par caméras ou par voie aérienne, alors on se tourne vers les citoyens depuis 2010. »

Toute donnée au sujet des chevreuils contribue à améliorer les connaissances sur cette espèce et à mieux orienter les actions gouvernementales. Les citoyens qui observeront des cerfs de Virginie sont invités à noter la date et l’endroit de leur présence dans un formulaire d’observation disponible en ligne : https://mffp.gouv.qc.ca/faune/formulaires//observation-cerf-virginie.htm

La répartition des signalements et le nombre de signalements reçus pourront donner une indication de la répartition et de l’abondance du cerf dans la région. « Des cerfs de Virginie ont été signalés aussi loin dans l’est que Rivière-Pentecôte, mais la présence du cerf sur la Côte-Nord demeure marginale en raison de la rigueur des hivers qui freinent l’établissement d’une population abondante », précise Mme Thibault.

Selon la biologiste, il est probable que les bêtes proviennent du Saguenay–Lac-Saint-Jean. « La présence de chevreuils dans cette région est observée depuis le début du siècle dernier, puisque certaines références historiques en font mention. De plus, il serait improbable qu’ils traversent le fjord du Saguenay à la nage. »

Inconvénients

Même s’ils sont impressionnants à observer, la migration des cerfs de Virginie amène des effets négatifs tels que la transmission de maladie (vers des méninges et tiques) à l’orignal et au caribou. De plus, il est à l’origine de collision routière et peut causer des dommages aux cultures agricoles. Un accident est d’ailleurs survenu à Baie-Comeau cet été.

Sandra Heppell recommande de garder nos distances lorsqu’on aperçoit un chevreuil et surtout, de ne pas les nourrir. « Le nourrissage des cerfs est interdit par le MFFP et peut être passible d’une amende. Cela engendre trop d’inconvénients qui peuvent être dangereux pour les populations », indique-t-elle.

Pour le moment, il n’est pas permis de chasser le chevreuil dans la région, à l’exception de l’île d’Anticosti, où les cerfs de Virginie ont été introduits. La présence du cerf est marginale dans la portion continentale de la région et le peu de données disponibles ne permettent pas de connaître le nombre de cerfs présents. Pour ces raisons, la chasse n’est pas autorisée dans la région.

« Si on s’aperçoit que les cerfs causent trop d’effets négatifs en Côte-Nord, des modalités de gestion pourraient être mises en place, comme la chasse. Mais, nous n’en sommes pas à ce point », précise Mme Heppell. La Côte-Nord est située à la limite nord de l’aire de répartition de l’espèce en Amérique du Nord.

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