Faute d’argent, la Résidence St-Joseph se met sur pause

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Par Charlotte Paquet
Faute d’argent, la Résidence St-Joseph se met sur pause
La Résidence St-Joseph de Pointe-aux-Outardes doit suspendre ses services d hébergement. (Photo : Courtoisie)

Deux ans après sa réouverture, la Résidence St-Joseph de Pointe-aux-Outardes est contrainte à mettre sa mission sur pause, faute de soutien financier.

Ressource d’hébergement temporaire pour des personnes démunies ayant besoin d’un coup de pouce pour reprendre leur vie en main, la résidence ouverte en 1993 avait déjà dû fermer ses portes d’août 2018 à janvier 2019 à la suite de la retraite du couple de bénévoles qui était à sa barre.

Grâce à l’entrée en scène d’un directeur général, Dany Farcy, qui a travaillé bénévolement pendant un an, l’organisme a pu accomplir sa mission au cours des deux dernières années, bénéficiant d’aides financières ponctuelles de différentes sources.

Mais aujourd’hui, c’est devenu impossible sans un financement de base récurrent. Or, la résidence n’est pas soutenu par le Programme de soutien aux organismes communautaires du ministère de la Santé et des Services sociaux et un moratoire du gouvernement du Québec l’empêche d’être reconnue pour le moment. D’où sa décision de suspendre ses activités.

« En septembre 2020, on a eu 20 000 $ de la Fondation Hydro-Québec, sinon on fermait nos portes. Ça nous a permis d’attendre qu’ID Manicouagan nous donne de l’argent pour payer deux salaires », explique celui qui a comptabilisé 14 000 heures de bénévolat en deux ans. Depuis mai dernier, il est épaulé par une collègue. Le peu d’argent qui reste dans les coffres sera à peine suffisant pour voir venir pendant quelques semaines encore.

Abandonnés

Plus question donc d’intégrer de nouveaux résidents vulnérables, parfois en situation d’itinérance. Fini aussi l’accueil de personnes référées par des policiers, le personnel de la détention et des travailleurs sociaux, entre autres, tant que le budget ne le permettra pas.

Il ne reste plus que deux résidents qui complètent leur programme de réinsertion. Ils sont âgés de 19 et 74 ans, preuve que la clientèle est de tout âge. La résidence a une capacité de 16 places, mais a fonctionné davantage à 50 % de cette possibilité en raison du personnel très réduit. « On n’a pas de cuisinier, on n’a pas de concierge, c’est nous qui faisons tout. Ça repose sur les épaules de deux personnes », rappelle Dany Farcy.

Par contre, le confinement du printemps dernier dans le contexte de la pandémie a entraîné un véritable débordement à la Résidence St-Joseph. « On était la seule place où il était possible d’héberger des gens. Ça nous a mis au monde. On a prouvé qu’on avait les reins solides. On a même monté à 17 personnes au début de la pandémie », poursuit le directeur général, qui a accueilli des gens de partout dans la province. « Le pire, on est obligé de lâcher prise à un moment où on peut être le plus utile. »

Depuis sa réouverture, la ressource a comptabilisé 3 000 jours d’hébergement, dont la durée a oscillé entre quatre heures et 11 mois.

Afin de pouvoir continuer de payer les frais fixes de la résidence dans l’attente d’un financement récurrent, la direction a décidé de louer 90 % de ses places dans le cadre d’une entente de six mois avec un locataire dont l’identité n’est pas divulguée.

Par contre, Dany Farcy assure que si l’organisme parvient à obtenir un financement récurrent, il va se « revirer de bord » rapidement pour reprendre le collier.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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