Durs temps pour le Dépannage de l’Anse

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Par Charlotte Paquet
Durs temps pour le Dépannage de l’Anse
Le Dépannage de l'Anse doit trouver de nouvelles sources de revenus, sinon, son avenir est en jeu.

Si rien n’est fait pour assurer de nouvelles sources de revenus, la belle aventure du Dépannage de l’Anse risque de se terminer dans quelques années.

À l’aube de son 35e anniversaire, l’entreprise d’économie sociale fait ce sombre constat d’une fragilité dont l’importance a été confirmée et accentuée par la pandémie. « La COVID, ç’a été un miroir pour nous confronter à notre fragilité », fait remarquer Louise Levasseur, la présidente de son conseil d’administration.

Le Dépannage de l’Anse a besoin de conclure des partenariats avec le milieu pour durer dans le temps et continuer sa mission dans le recyclage des matières réutilisables pour le bien-être de la population et la protection de l’environnement. Avec les seuls revenus de vente, il ne pourra y parvenir. Sans aide, les administrateurs s’attendent à un déficit de plus de 60 000 $ pour l’année en cours.

« On a beau avoir un coussin, si demain on ne bouge pas, on a cinq, six, sept ans de vie et il ne faut pas avoir de rénovation majeure sur la bâtisse », prévient Louise Levasseur. Ce fameux coussin vise à assumer l’entretien normal et pallier les éventualités à l’édifice qui abrite le Dépannage de l’Anse et qui est sa propriété.

Parmi les coups durs des dernières années, l’organisme a notamment perdu les revenus qui provenaient des expéditions de vêtements non vendables par camion semi-remorque à l’extérieur de la région. « Présentement, on ne vend plus à la livre. Il n’y a plus d’acheteur. Les portes se ferment. Avant, avec les expéditions, une van nous rapportait 3 000 $, 4 000 $ », poursuit la présidente.

La pandémie

À cette fragilité déjà sous-jacente, la pandémie est venue en ajouter une couche. Il y a bien eu des programmes d’aide gouvernementaux dont l’organisme a pu bénéficier, mais il reste toujours un manque à gagner puisque les remboursements ne représentent pas la totalité des impacts financiers.

Il y a aussi eu la fermeture complète de la friperie au cours des trois premiers mois et encore depuis le 25 décembre. Jusqu’à l’année dernière, le Dépannage de l’Anse bouclait son budget de fonctionnement de 280 000 $ grâce aux revenus de vente de sa friperie. Bon an mal an, ils représentaient 90 % de ses revenus annuels. Mais la pandémie a tout bousculé.

La location d’un entrepôt s’est imposée plus que jamais au printemps. Pour Mme Levasseur, cet immense local situé à deux pas du magasin de la rue De Puyjalon demeure cependant un élément incontournable pour la gestion du matériel récupéré et le développement du Dépannage de l’Anse.

« Il faut qu’on développe et qu’on ait des partenaires au niveau des acteurs du milieu qui vont nous supporter de façon récurrente pour ne plus qu’on soit sous respirateur », insiste-t-elle.

Rappelons que l’organisme permet de détourner plus de 400 tonnes de matières recyclables des sites d’enfouissement chaque année. À l’heure où l’économie circulaire est si prisée, il considère que cette contribution majeure doit être reconnue et compensée.

Nouveau mandat

En assemblée générale tenue la semaine dernière, le conseil d’administration a reconduit Louise Levasseur à la présidence pour une quatrième année d’affilée.

Francine Henry, Carole Deschênes et Micheline Rioux ainsi que Robin Lepage et Raphaël Hovington poursuivent aussi leur engagement comme administrateurs. Un nouveau membre s’ajoute en la personne de Simon Brisson, président des Éditions Nordiques et propriétaire du journal Le Manic et de trois autres hebdomadaires sur la Côte-Nord et dans Charlevoix.

Enfin, le conseil d’administration souligne la contribution d’Isabelle Émond, à l’emploi du Dépannage de l’Anse depuis 21 ans et à la direction d’une équipe de sept employés.

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