Il manque plus d’un pharmacien d’établissement sur trois

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Par Charlotte Paquet
Il manque plus d’un pharmacien d’établissement sur trois
En 2018, François Paradis, président de l’Association des pharmaciens des établissements de santé duQuébec, et Linda Vaillant, pharmacienne et directrice générale, s’étaient arrêtés à Baie-Comeau dans le cadre de leur tournée annuelle.

La pénurie de pharmaciens dans les hôpitaux et centres de santé de la Côte-Nord ne se tarit pas. La dernière enquête annuelle de l’Association des pharmaciens des établissements de santé du Québec révèle un taux de pénurie de 36 %, largement supérieur aux 19 % à l’échelle du Québec.

« C’est relativement stable sur la Côte-Nord comme au Québec. Encore une fois sur la Côte-Nord, c’est autour d’un poste sur trois (qui n’est pas pourvu) », souligne le président de l’association, François Paradis.
Selon lui, le manque de pharmaciens en établissement se compare passablement d’une région à une autre hors des grands centres urbains.

Au 1er avril 2020, 8 des 23 postes en équivalent à temps complet étaient vacants au Centre intégré de santé et de services sociaux de la région. Cette pénurie a nécessité le recours aux services de pharmaciens dépanneurs pendant 933 jours entre le 1er avril 2019 au 31 mars 2020.

« C’est beaucoup, 933 jours. C’est pour faire les services de base et c’est une main-d’œuvre très dispendieuse », précise François Paradis, en notant que la revue des thérapies médicamenteuses, à titre d’exemple, ne fait pas partie de leur mandat.

Dans l’ensemble du Québec, les 286 postes non comblés ont entraîné 5 503 jours de dépannage. C’est donc dire que près de 1 jour de dépannage sur 5 a été effectué sur la Côte-Nord.

Cette pénurie de pharmaciens d’établissement entraîne des découvertures dans des secteurs comme l’urgence ou les centres d’hébergement et de soins de longue durée, déplore l’APES. Il y a aussi augmentation des risques d’incidents et d’accidents médicamenteux et d’allongement de la durée moyenne des hospitalisations, entre autres choses.

De temporaires à permanentes

Par ailleurs, le président continue de réclamer que les mesures incitatives temporaires mises en place il y a une dizaine d’années pour les pharmaciens d’établissements deviennent permanentes. Elles touchent notamment l’allongement des semaines de travail, la supervision des étudiants et le travail en région éloignée.

Près de 50 % de la rémunération des pharmaciens sur la Côte-Nord sont liés à ces mesures temporaires. « Pour un jeune pharmacien qui songerait s’établir sur la Côte-Nord, c’est extrêmement insécurisant. Il faut que ça demeure (sur une base permanente) et qu’on arrête de les remettre en question », martèle François Paradis.

Ce dernier rappelle que depuis le 31 mars 2020, soit à la fin de l’entente de travail des pharmaciens d’établissement et le gouvernement du Québec, l’APES a dû convaincre à trois reprises le ministère de la Santé de laisser les mesures en place.

Les négociations se poursuivent toujours en vue du renouvellement de cette entente.

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