Chronique

À visage découvert!

Par Dave Savard 4:00 PM - 26 février 2021
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S’il y a un phénomène qui s’observe au quotidien de tout un chacun en cette période de crise est, je pense, une chose que nous sous-estimons à l’échelle humaine, et cela, malgré nos différences. Dans cette chronique, mon souhait est d’aborder la question de savoir si l’empathie ne nous met pas à visage découvert.

Si cela semble anormal de nous sentir empathiques de nos jours, comme si nous avions modifié quelque chose à la nature humaine, il faut bien reconnaître que nous sommes faits de chair et d’os. Des êtres capables de composer avec ce qui se passe tout autour de nous, avec des situations qui suscitent de vives réactions négatives ou positives dans nos vies.

Prenons les réseaux sociaux à titre d’exemple. Il n’est pas rare que certaines personnes se vident le cœur comme s’il n’y avait aucun filtre pour les retenir de dire tout ce qui traverse leur esprit, comme des insultes qui s’adressent à ceux qui pensent différemment d’eux.

Ici, je dirais que même si ce sont des choses que se passent sur Internet, par l’intermédiaire d’un ordinateur, elles représentent, à la base, des liens profondément humains. Bien sûr, nous avons aussi cette capacité mentale (l’intellect), mais encore faut-il en faire usage, ce qui n’est pas toujours le cas, comme en témoignent certains propos partagés dans les réseaux sociaux. En fait, que nous ayons une mauvaise ou une bonne journée, il nous arrive d’agir sans trop réfléchir aux conséquences de nos paroles ou de nos actions. Ce sont nos émotions qui prennent alors les commandes. Ceci soulève la question suivante : sommes-nous à visage découvert?

Ce que j’entends par l’expression « à visage découvert » relève plus spécifiquement de l’empathie. La définition courte de l’empathie est de nous sentir interpelés par la peine ou la joie de quelqu’un d’autre comme si nous la vivions nous aussi. Ce phénomène se rapproche de la sympathie, soit le fait de partager l’événement heureux ou malheureux de quelqu’un d’autre sans que celui-ci nous affecte personnellement.

À mon avis, cette chose que nous sous-estimons tant et que nous pouvons retrouver dans toute personne, quelle qu’elle soit, c’est le pouvoir d’être empathique selon la situation. Par exemple, le fou du roi de Tout de le monde en parle qui fait une blague controversée et qui met fin à 17 ans de collaboration.

Enfin, cette période aura de manière inouïe restauré notre capacité de prendre soin des uns et des autres, de nous entraider et d’aller jusqu’à sauver des vies. Autrement dit, que nous souhaitions en parler ou non, nous sommes des êtres profondément empathiques. La crise sanitaire nous aura forcés à nous montrer à visage découvert, face à une situation hors de notre contrôle dont nul ne connaît la fin, du moins pas pour l’instant, mais qui dévoile, malgré les obstacles, une force intime de corps et d’esprit dont la beauté n’a aucune limite.

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