Les métallos du secteur minier s’opposent vigoureusement au projet de loi 59

Par Vincent Rioux-Berrouard - Initiative de journalisme local 11:41 AM - 23 mars 2021
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Les travailleurs du secteur minier faisant partie du Syndicat des Métallos ont fortement dénoncé le projet de loi 59 du gouvernement du Québec qui vise à mettre à jour la loi sur la santé et sécurité du travail.

« Le projet de loi n’est pas une modernisation de celle-ci, mais bien un recul en matière de santé et sécurité ». Voilà comment Dominic Lemieux, directeur québécois des Métallos, a décrit le projet de loi 59.

Le secteur minier se sent particulièrement visé par cette réforme parce que la question de la santé et sécurité dans ce milieu de travail peut être une question de vie ou de mort.

Pour M. Lemieux : «le projet de loi affaiblit les mécanismes de prévention en enlevant les exigences minimales et en confiant aux patrons le soin de décider du programme de prévention et des mesures qui en découlent ».

Un autre enjeu important pour le Syndicat est celui des comités de santé et sécurité conjoints. Il serait possible pour les employeurs de ne créer qu’un seul comité de santé et sécurité et de n’avoir qu’un représentant à la prévention pour plusieurs établissements explique Nadine Joncas, représentante en prévention à la mine d’ArcelorMittal du Mont-Wright à Fermont. Pour cette dernière, il est important qu’il y ait plus qu’un seul comité parce que les réalités sont différentes pour les travailleurs qui œuvrent dans différents environnements ( mine, chemin de fer, usine). Selon celle-ci, la prévention en santé et sécurité en milieu de travail doit arrêter d’être vue comme une dépense inutile, mais comme un investissement.

Le Syndicat des Métallos déplore aussi que le projet de loi aura pour effet de rendre l’indemnisation des travailleurs blessés plus difficile. André Racicot, le président de la section locale 9291, donne en exemple les cas de surdité, très présents dans l’industrie minière. Ceux-ci seraient plus durs et faire reconnaître et les travailleurs n’auraient ainsi pas accès à certains soutiens comme des appareils auditifs.

En conclusion, le directeur québécois du Syndicat des Métallos affirme que dans sa forme actuelle, il préfère conserver la loi de santé et sécurité au travail plutôt que l’adoption du projet de loi 59. La loi de santé et sécurité du travail qui est actuellement en vigueur date de 1979.

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