Lucille Tremblay Langlois laisse un héritage communautaire impressionnant

Par Charlotte Paquet 1:00 PM - 07 avril 2021
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Lucille Tremblay Langlois s’est éteinte le 4 mars à l’âge de 83 ans. Elle laisse plusieurs réalisations en héritage à la communauté de Baie-Comeau. Photos courtoisie

Lucille Tremblay Langlois s’est éteinte il y a un peu plus d’un mois à l’âge de 83 ans. Avec son départ, Baie-Comeau a perdu une dame qui s’est investie pendant une trentaine d’années pour le mieux-être de sa communauté. Certains organismes, qu’elle a contribué à mettre au monde à sa façon, sont toujours bien vivants.

S’il y a deux domaines dans lesquels la disparue a défriché le terrain et pavé la voie, c’est bien celui des garderies et de la prévention du suicide.

Comme le raconte son petit-fils Sébastien Langlois, Mme Tremblay Langlois a été l’une des instigatrices de la création de la première garderie à Baie-Comeau, Au carré de sable. Elle a lancé ce projet après avoir vu ses amies et mères de famille vouloi8r réintégrer le marché du travail, tout comme elle

« Elle est allée chercher du financement à la caisse. Elle a ensuite convaincu Lucien Lessard (alors député de l’ancien comté de Saguenay). Ils ont formé un conseil d’administration. »

Selon Sébastien Langlois, Raymond D’Auteuil, le directeur général de la Caisse populaire de Hauterive à l’époque, avait appuyé financièrement le projet communautaire.

« Ç’a été un des premiers projets soutenus par ce qui s’appelle aujourd’hui le Fonds d’aide au développement du milieu. »

Avec d’autres, Lucille Tremblay Langlois a aussi jeté les bases de la Joujouthèque, un organisme faisant dans la location de jouets qui a existé de 1976 à 1986, avant d’être repris par un autre organisme dédié aux familles.

« C’est la fondatrice. C’est son idée encore », poursuit celui qui affirme que l’objectif poursuivi était de permettre à des enfants de familles moins nanties d’avoir accès aux jouets populaires à l’époque des marques Fisher Price et autres.
Dans les années 80 et 90, la prévention du suicide a été l’un des fers de lance de la disparue. « En 1980, Luc, son garçon, s’est suicidé. Cinq ans plus tard, elle s’est dit qu’est-ce que je peux faire », poursuit le petit-fils.

En 1986, sa grand-mère suivait une formation offerte par le Centre de prévention du suicide de Québec et lançait après la première ligne d’écoute dans la Manicouagan avec « quatre ou cinq femmes qui se relayaient », note Sébastien Langlois.

Selon lui, cette ligne aura mené à la création de l’organisme Prévention suicide de la Rive et qui deviendra plus tard le Centre de prévention du suicide de la Côte-Nord.

Lucille Tremblay Langlois aura été impliquée dans près d’une quinzaine d’organismes communautaires à Baie-Comeau. Elle a notamment contribué à la fondation de la cuisine collective Les Écureuils. « Elle avait vu ça l’extérieur et elle a amené ça ici », précise encore M. Langlois.

Instigatrice d’un projet d’entretien ménager à domicile subventionné par le gouvernement et lancement d’une popote roulante sont deux autres projets dans lesquels celle qui n’est plus a eu son mot à dire.

Confidences

Aprè8s s’être fait garder souvent par sa grand-mère dans son enfance, Sébastien Langlois explique s’être retrouvé à passer beaucoup de temps avec elle à l’été 2020, où il en a profité pour lui soutirer quelques confidences sur son cheminement de vie.

Le petit-fils conclut en rappelant que sa grand-mère était une femme rieuse et une leader naturelle qui aura contribué à bien des causes dans la Manicouagan.

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