Laurence Côté garde espoir pour la tenue des Olympiques

Par Steeve Paradis 2:14 PM - 07 mai 2021
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Les choses n’ont peut-être pas fonctionné à son goût, mais Laurence Côté a cassé la glace avec une première compétition officielle cette saison. Photo Kyle McKinley

Comme tous les autres athlètes de calibre olympique, Laurence Côté est dans l’expectative en ce qui a trait à la tenue, ou non, des Jeux olympiques de Tokyo, prévus du 23 juillet au 8 août. La coureuse de 800 mètres demeure toutefois optimiste.

« Je suis vraiment convaincue que les Jeux olympiques vont avoir lieu. La fédération (canadienne d’athlétisme) nous dit d’y aller all in et de s’entraîner fort pour ça. Je me concentre donc sur mon entraînement », a confié la sympathique athlète au Manic après une séance d’entraînement au Elite Athlete Training Center de Chula Vista, en Californie.

Comme de nombreux autres athlètes qui défendent l’unifolié, Laurence se trouve depuis cinq semaines à ce centre d’entraînement de l’équipe olympique américaine, situé en banlieue de San Diego, afin de peaufiner sa préparation aux JO.

Elle peut ainsi éviter les mesures sanitaires sévères imposées en Colombie-Britannique, son port d’attache habituel, même si, de son propre aveu, « le gouvernement faisait tout en son possible pour ne pas nuire aux entraînements des athlètes, avec notamment des exemptions ».

La présence de la coureuse aux États-Unis lui permet de prendre part à des compétitions au sud de la frontière. Elle a d’ailleurs lancé sa saison début mai à Kansas City, mais les choses n’ont pas tout à fait fonctionné à son goût.

« Ça n’a pas super bien été, pour être honnête. Les conditions étaient difficiles, c’était très venteux. Il y a eu pas mal de contacts durant la course et je me suis fait packer. J’ai été challengée pas mal, mais ça remet dans le bain, ce n’est pas comme l’entraînement individuel. C’est vraiment différent de se retrouver sur la ligne de départ avec 12 filles qui veulent toutes gagner. J’ai fait des erreurs que je ne referai plus. »

Ce weekend, Laurence Côté prend part au 800 mètres du USATF Golden Games, toujours en Californie. « Entrer dans une compétition aux États-Unis présentement, ce n’est pas facile en raison de la COVID. Pour cette compétition, j’ai pu échanger une place dans le 800 mètres contre une place de rabbit (lièvre) dans le 1 500 mètres », fait-elle valoir.

Un boulot payant

Dans les épreuves de fond et de demi-fond, le lièvre est un coureur embauché pour imprimer un rythme rapide en début de course, afin que les athlètes réalisent les meilleurs chronos possibles. La Baie-Comoise commence à faire sa marque dans ce rôle, qui contribue à mettre du beurre dans les épinards.

« J’ai commencé à me faire un portfolio. Un bon rabbit qui a fait ses preuves peut aller se chercher jusqu’à 3 000 $ dans les grosses compétitions », a-t-elle confié.

Quant à la blessure à un pied subie l’automne dernier, l’athlète nord-côtière a dû apprendre à l’apprivoiser, car tant qu’elle s’entraîne aussi dur, elle ne pourra véritablement y remédier.

« Je deale encore avec ça. C’est tolérable, ça ne m’empêche pas de courir, mais ça ne devrait pas se régler d’ici la fin de la saison. Ce n’est pas l’idéal, mais rendu à mon niveau, il n’y a personne qui n’a pas un bobo ici et là », lance celle qui évalue le niveau d’inconfort à 2 sur 10. « Ç’a déjà été 9 sur 10 », enchaîne-t-elle.

La qualification n’est pas encore assurée

Laurence Côté a bien espoir de se rendre au Japon cet été pour les Jeux olympiques, mais sa qualification pour l’épreuve de 800 mètres n’est pas assurée pour autant. L’athlète ne laisse toutefois pas le stress de ne pas se qualifier l’envahir.

Il y a deux façons de décrocher son billet pour les Olympiques. La voie la plus rapide est de faire un temps sous le standard olympique, qui est actuellement fixé à 1 minute 59 secondes et 50 centièmes (1:59:50). L’autre manière consiste à avoir accumulé suffisamment de points, selon un système de classement des compétitions.

« Le standard est plus difficile à obtenir que les autres années », a indiqué Laurence, dont le meilleur temps en carrière est de 2:01. « Le gap peut sembler assez gros, mais comme le standard n’est pas la seule façon de se classer, je ne suis pas inquiète. »

La coureuse de demi-fond considère qu’environ la moitié des filles qui seront des Olympiques au 800 mètres auront établi le standard, tandis que l’autre moitié se classera en vertu de leur nombre de points. La seule athlète canadienne présentement classée pour l’épreuve est Melissa Bishop, quatrième aux Jeux de Rio et première dans cette course à ne pas provenir du continent africain.

Un grand moment dans la saison de Laurence Côté se jouera donc entre le 24 et le 27 juin, dates prévues pour la tenue du Championnat canadien d’athlétisme, « mais c’est vraiment incertain que ça se tienne sans problèmes », enchaîne-t-elle.

« J’espère vraiment qu’ils auront lieu, la décision devrait être prise d’ici le 17 mai. Et l’autre problème, si on fait le championnat canadien, on devra aussi faire une quarantaine. Ça aussi, c’est un volet vraiment stressant pour les athlètes canadiens, la quarantaine », conclut Laurence Côté.

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