Crabe des neiges : le prix au débarquement a quadruplé depuis 2010

Par Vincent Rioux-Berrouard 3:28 PM - 06 avril 2022
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Selon l’IREC, l’année 2022 établira vraisemblablement un nouveau record pour le prix du crabe des neiges.

Si vous vous êtes rendu dans une poissonnerie dernièrement pour vous procurer du crabe des neiges, vous avez sûrement constaté la hausse du prix de ce produit de la mer. L’Institut de recherche en économie contemporaine (IREC) s’est penché sur les causes de cette augmentation et sur des solutions pour assurer l’accessibilité de ce produit populaire auprès des Québécois.

Selon les données recueillies par l’IREC, entre 2010 et 2021, le prix au débarquement a plus que quadruplé, suivant un taux de croissance annuel moyen de 14 %.

Pour expliquer cette hausse des prix, Gabriel Bourgault-Faucher, chercheur pour l’IREC, affirme que bien qu’il y ait eu une hausse des quotas au Québec, il y a une diminution de l’offre globale. Cette baisse de l’offre est due à l’importante diminution des stocks provenant de l’Alaska et par le fait que le crabe russe sera boycotté en raison des sanctions économiques en vigueur à cause du conflit en Ukraine.

Combiné à cela, il y aurait une hausse de la demande.

« Bien qu’il n’existe aucune donnée fiable pour quantifier l’évolution de la demande, mais aux vues de la hausse des prix des dernières années et de la faiblesse des inventaires, on peut en déduire que la demande est forte ou au moins stable », souligne M. Bougault-Faucher.

À tout cela il faut aussi ajouter l’impact de l’inflation qui se fait ressentir dans les coûts de production. On parle de la hausse des coûts pour le transport et la main-d’œuvre qui ont évidemment un impact sur le prix du crabe des neiges.

Image : L’Institut de recherche en économie contemporaine

Accessibilité

Dans le rapport de l’IREC, il est proposé de créer un dispositif de stabilisation partielle des prix qui serait en vigueur sur le marché québécois, et qui serait fondé sur les coûts de production. Ce mécanisme permettrait de tenir à bonne distance les variations de prix provenant du marché mondial. Ce mécanisme d’allocation permettrait de garantir un certain volume au Québec.

Toujours selon l’IREC, il est important que l’industrie de la pêche au Québec contribue à l’autonomie alimentaire de la province.

Pour la porte-parole du collectif Manger notre Saint-Laurent, la chef Colombe St-Pierre, il est important que les Québécois puissent continuer de profiter de ce produit local.

« Le crabe des neiges est une ressource que les Québécois ont à cœur et je trouve désolant de voir une ressource comme celle-là perdre en accessibilité. En tant que restaurateur, comment puis-je expliquer à un consommateur qu’il doit payer 50 ou 60 $ pour une toute petite portion de crabe », dit-elle.

Elle ajoute que bien qu’actuellement c’est le prix du crabe qui retient l’attention, cette hausse des prix pourrait toucher d’autres produits de la mer dans les prochaines années.

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