Jessica Girard veut être famille d’accueil, mais la DPJ dit non

Par Charlotte Paquet 6:00 AM - 06 avril 2022
Temps de lecture :

Jessica Girard ne comprend pas qu’on lui refuse de devenir famille d’accueil.

Ouvrir son cœur et son logis pour le bien-être des enfants en devenant famille d’accueil, c’est le désir de Jessica Girard, mais il ne se réalisera pas puisqu’elle a essuyé une fin de non-recevoir sans aucune explication, ce qui la fâche d’autant.

La dame de 41 ans est de retour dans sa ville natale depuis un an. Son adolescente de 15 ans a choisi de demeurer à Montréal avec son père pour ses études. Célibataire, seule dans un « beau grand 4 ½ », comme elle le dit, et aimant beaucoup les enfants, Mme Girard a déposé une demande à la Direction de la protection de la jeunesse pour accueillir un enfant chez elle.

« Ça me manque de prendre soin d’un enfant. Je les aime tellement. J’aurais aimé en avoir plus, mais on ne décide pas toujours », explique celle qui travaille comme concierge pour le Centre de services scolaire de L’Estuaire.

La Baie-Comoise ne comprend pas le refus qu’elle a essuyé. Elle affirme respecter toutes les exigences, notamment l’absence de dossier criminel, posséder une voiture et mener une vie tranquille. On a écarté son dossier rapidement sans même, dit-elle, franchir toutes les étapes qu’on lui avait pourtant expliquées dès le départ, comme contacter ses références et effectuer une évaluation à son domicile, entre autres.

Toujours selon Mme Girard, c’est lors d’un autre appel pour savoir où en était rendu son dossier que les choses se sont corsées trois semaines plus tard. « Elle (la personne au bout du fil) m’a passée au cash. Elle n’a pas aimé mon attitude, mais je n’ai pas été méchante », assure-t-elle.

« Elle m’a dit que le processus était très très long. Elle était négative. Elle m’a dit que de toute façon, je n’avais pas de médecin de famille pour remplir le formulaire. Elle m’a dit si t’as pas de médecin de famille, t’as pas grand chance. Moi, je ne sais plus quoi faire », laisse tomber la dame.

Le 21 mars, environ une semaine après cet appel, Jessica Girard recevait une lettre confirmant que sa demande était refusée pour une raison gardée confidentielle, a-t-on écrit. Qu’on ne veuille pas lui dire pourquoi on écarte son offre la fâche. Face à cette situation, la dame croit que d’autres personnes veulent peut-être aider, mais se font fermer la porte comme elle. « Je trouve ça vraiment plate. »

Pas un cas unique

Au Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) de la Côte-Nord, on souligne que près d’une dizaine de postulants ont été refusés au cours des deux dernières années, pendant que 89 familles d’accueil étaient accréditées.

« Les motifs de refus peuvent être liés à une non-réponse aux critères de base préalables au processus d’évaluation », écrit le CISSS dans un courriel, en faisant référence à des aspects techniques, mais aussi personnels et familiaux.

La vérification de références positives fait aussi partie du processus. « En ce sens, les motifs de refus diffèrent selon les situations et certains demeurent confidentiels », précise-t-il.

Toujours selon le CISSS, aucun enfant n’est en attente d’hébergement à la protection de la jeunesse. Par contre, il y a des enfants qui attendent un déplacement dans une nouvelle famille d’accueil qui correspondra mieux à leurs besoins.

La Côte-Nord compte 144 familles d’accueil qui offrent un total de 222 places, dont 15 sont inoccupées pour le moment.

Principaux critères pour devenir famille d’accueil

La personne majeure doit :
· Avoir sa citoyenneté canadienne ou sa résidence permanente du Canada;
· Être en bonne santé physique et psychologique;
· Démontrer une stabilité personnelle, familiale, professionnelle et financière;
· Démontrer une capacité de collaboration avec les professionnels de l’établissement;
· Avoir des aptitudes au niveau de l’intervention et des connaissances du type de clientèle visée (développement de l’enfant);
· Démontrer une motivation profonde, de l’expérience significative et une connaissance du rôle d’un responsable RTF;
· Permis de conduire valide et posséder un véhicule;
· Doit pouvoir offrir une chambre privée;
· Certification RCR et secourisme général à jour;
· Respect des lois sur les normes du bâtiment;
· Respect des règles d’hygiène et sécurité pour les aliments;
· Respect des règles en matière de prévention des infections;
· Conforme au service des incendies de la municipalité (visite du préventionniste);
· Ne pas avoir d’antécédents judiciaires en lien avec les aptitudes requises et la conduite nécessaire à la fonction de ressource;
· Ne pas avoir eu recours à une loi visant l’insolvabilité au Canada aux cours des trois dernières années;
· Ne pas avoir eu de suivi à la protection de la jeunesse aux cours des cinq dernières années;
· Doit avoir et maintenir une assurance habitation.

(Source : CISSS de la Côte-Nord)

Partager cet article