Environnement Canada prévoit un été chaud, mais n’ose pas s’avancer sur la pluie

Par Pierre Saint-Arnaud, La Presse Canadienne 8:19 AM - 12 juin 2024
Temps de lecture :

Un homme se rafraîchit à une fontaine à Montréal, le 20 juillet 2022. LA PRESSE CANADIENNE/Ryan Remiorz

Il faudra se diriger vers l’Ouest plutôt que vers le Nord si l’on veut échapper à la canicule l’été prochain.

Environnement Canada a publié mardi ses prévisions pour l’été 2024 et celles-ci font état «avec certitude» de températures au-dessus des normales presque partout au pays sauf en Colombie-Britannique et au Yukon, où les températures seront proches de la normale ou même inférieures à celle-ci.

Quant à savoir s’il faudra sortir les parapluies ou l’arrosoir, bien malin qui pourrait s’avancer. L’agence fédérale est en effet incapable de prédire quoi que ce soit en termes de précipitations pour le Québec, les Maritimes et la majeure partie de l’Ontario. 

«Les modèles climatiques n’ont pas été en mesure de faire des prévisions fiables dans ces régions. Compte tenu de tout cela, il n’y a pas vraiment de signal clair pour la saison estivale», a expliqué le météorologue Armel Castellan en présentant ces prévisions. 

«Les prévisions saisonnières comportent un degré élevé d’incertitude, notamment en ce qui concerne les précipitations», a-t-il précisé. Pourquoi? «L’atmosphère, c’est un fluide qui est très dynamique et même chaotique. C’est vraiment impossible d’avoir un signal clair quand on veut savoir où sont les grands événements qui vont donner beaucoup de pluie, beaucoup de neige.»

Tout au plus avance-t-il une possibilité de précipitations sous la normale dans l’ouest de l’Ontario, le nord du Manitoba, le sud de l’Alberta et la quasi-totalité de la Saskatchewan.

Après les incendies de forêt dévastateurs et jamais vus de l’an dernier, Environnement et Changement climatique Canada a par ailleurs raffiné ses outils pour informer le public de la qualité de l’air. Ces outils permettent notamment aux citoyens de connaître la qualité de l’air dans leur secteur et la concentration de particules fines qui s’y trouvent, entre autres. On offre également des cartes qui montrent où se trouvent et où se dirigent les éventuels panaches de fumée provenant des incendies forestiers.

Pour les scientifiques d’Environnement Canada, il ne fait aucun doute que le réchauffement climatique est presque entièrement causé par l’activité humaine. Ces changements sont à la source des événements météorologiques extrêmes – incluant les feux de forêt, mais aussi les inondations et les tempêtes violentes – qui poussent le coût des sinistres dans une courbe ascendante depuis plusieurs années.

«Le changement climatique d’origine humaine explique presque tout le réchauffement observé au Canada», a affirmé durant le point de presse Nathan Gillet, chercheur scientifique à Environnement et Changement climatique Canada. 

Fait à noter, la carte de l’évolution des températures au Canada entre 1948 et 2016 montre que ce sont les régions les plus au Nord, soit le Nunavik au Québec et le Nunavut qui ont connu les plus importantes hausses de leurs températures estivales. La cause du réchauffement nordique accéléré est multifactorielle, a expliqué Nathan Gillet, à commencer par le couvert de neige dans le Grand Nord.

«La neige reflète le soleil et si la neige fond, la terre a plus de soleil. Ça, c’est une rétroaction qui augmente le réchauffement. Aussi, il y a des changements de la circulation planétaire (de l’air) qui contribuent à augmenter le réchauffement dans l’Arctique, dans le Nord. Il y a plusieurs mécanismes qui contribuent», a dit M. Gillet. 

Armel Castellan a pour sa part profité de l’occasion pour rappeler qu’il y a une distinction fondamentale à faire entre météo et climat, distinction qui repose sur l’échelle du temps, dit-il. «Ce que l’atmosphère fait aujourd’hui, au jour le jour, c’est la météo, le temps qu’il fait, ce que nous vivons et ressentons. Le climat dans ce contexte est la moyenne des conditions météorologiques sur une période de 30 ans. Certains diraient que le climat, c’est ce à quoi on s’attend tandis que (la météo), c’est ce que l’on obtient.»

Partager cet article