Près de 300 postes vacants chez les agents de services correctionnels au Québec

Par Johannie Gaudreault 9:53 AM - 8 juillet 2024
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Les agents de services correctionnels de la Côte-Nord ont manifesté la semaine dernière. Photo Karianne Nepton-Philippe

Le ministère de la Sécurité publique le confirme. La rareté de la main-d’œuvre chez les agents de services correctionnels constitue un défi qui s’est accentué depuis les dernières années, particulièment sur la Côte-Nord. En date du 6 juin, il y avait 294 postes d’agents des services correctionnels vacants sur un total de 3 016 postes au Québec.

« Le ministère de la Sécurité publique (MSP) est au fait du phénomène de la rareté de main-d’œuvre qui se répercute sur l’ensemble des corps d’emploi et qui se vit à travers le Québec, mais plus particulièrement dans les régions éloignées des grands centres urbains dont sur la Côte-Nord », assure la relationniste Louise Quintin, par courriel.

L’attraction et la fidélisation du personnel aux établissements de détention de Baie-Comeau et de Sept-Îles ont toujours constitué un certain défi qui s’est accentué avec l’intensification généralisée du phénomène de rareté de main-d’œuvre qui affecte l’ensemble des secteurs de l’économie.

« Cela se fait principalement sentir au niveau des agents des services correctionnels, le corps d’emploi le plus représenté en milieu carcéral, mais également chez le personnel des services alimentaires, administratifs et d’encadrement », précise Mme Quintin.

Plusieurs raisons font en sorte que la situation nord-côtière est pire qu’ailleurs. « L’éloignement géographique et le coût de la vie sont des enjeux, tout comme la concurrence des entreprises de la région », explique la porte-parole du ministère de la Sécurité publique.

Actions

De nombreuses mesures ont été mises en place pour favoriser l’attraction, améliorer les processus de dotation et de formation du nouveau personnel ainsi que la rétention du personnel en place, selon Louise Quintin, qui ajoute que les agents des services correctionnels dont le port d’attache est situé à Sept-Îles reçoivent une allocation de rétention de 8 %.

« Par ailleurs, dans le contexte actuel, des prêts de service sont effectués et essentiels afin d’assurer le maintien des activités. C’est pourquoi, il a été demandé à l’ensemble du réseau s’il y a des volontaires pour être redéployés dans les régions où les besoins sont plus grands », indique la relationniste.

Lorsqu’il manque d’effectifs pour combler tous les postes de travail sur un quart particulier, un scénario de contingence est appliqué, soit l’annulation ou le report de certaines activités ou l’ajustement des heures hors cellules.

Le MSP sollicite les personnes volontaires pour effectuer des heures supplémentaires et peut avoir recours si nécessaire au temps supplémentaire obligatoire.

« Il s’assure de trouver le meilleur équilibre possible entre ses impératifs en matière de sécurité, ses obligations légales envers les personnes incarcérées et les conditions de travail de ses employés », assure Mme Quintin.

Négociations

Rappelons que les employés des centres de détention de Baie-Comeau et Sept-Îles ont manifesté la semaine dernière afin d’obtenir de meilleurs conditions de travail.

« Les négociations étant en cours, le MSP ne fera aucun commentaire », conclut la porte-parole.

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