Parc de la Côte-de-Charlevoix: les Gaulois de Baie-des-Rochers
Courtoisie Audrée Bélanger
Depuis que l’idée est énoncée, c’est sans contredit à Baie-des-Rochers que la résistance envers le projet de parc de la Côte-de-Charlevoix est la plus tangible. Anthropologue chargée de mener une consultation ethnographique en amont de la mise en place du parc, Méralie Murray-Hall sent toutefois que le vent commence à tourner. Le nouveau tracé préliminaire du parc n’est pas étranger à ce changement d’attitude.
« Au début, les propos étaient durs, du genre “ils veulent la guerre, ils vont l’avoir”. Les gens tremblaient à m’accueillir chez eux tellement il y avait de la colère. On a compris qu’ils se sentaient menacés. Une dame m’a dit “c’est comme si on me violait ! C’est un gros mot, mais c’est comme ça que je me sens.” On a passé des semaines à juste les écouter et à leur demander d’identifier quelles seraient les pistes pour qu’ils ne soient pas en situation d’attaque, de menace… »
Elle a « servi de soupape », estime-t-elle.
« J’ai accueilli la colère et j’ai pu commencer à ouvrir la conversation. Entre un parc national et une corporation internationale privée qui achète les rives comme c’est le cas dans certains secteurs présentement, qu’est-ce qui est le mieux ? Qu’est-ce qu’on fait avec le surtourisme qui est déjà un problème à Baie-des-Rochers ? Si ce n’est pas avec l’aide économique et infrastructurelle du gouvernement, comment on gère ça ? Dans la perspective où c’est vous qui décidez des paramètres, quels sont ceux qui répondent à vos besoins ? »

Le ministère de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs (MELCCFP) a également assoupli ses positions.
« Le gros hic à Baie-des-Rochers, c’est la préservation du chemin de la mer. Les résidents ne voulaient pas être envahis, perdre leur chemin… Tranquillement, ça a cheminé au ministère qui a proposé de créer un nouvel accès. Quand les gens de Baie-des-Rochers ont su ça, ils ont célébré c’était comme si c’était leur victoire ! Et maintenant, c’est eux qui défendent le projet dans les consultations », constate Méralie Murray-Hall.
Baie-des-Rochers « épargnée »
Le chemin de la mer et le quai de Baie-des-Rochers, de même que les sentiers présentement praticables dans le secteur, seraient complètement exclus du parc, selon les nouvelles maquettes.
Pour Méralie Murray-Hall, cette évolution des contours du parc est directement liée au travail de terrain.
« Au départ, les sentiers devaient être utilisés, redynamisés, mais tout ça a changé. Les sentiers actuels ne seraient utilisés par le parc. L’Association est d’accord avec ça parce que ça vient toucher à un besoin plus prioritaire, la quiétude. Certains sont moins d’accord, parce que les sentiers risquent de péricliter, mais c’est peut-être le sacrifice à faire », estime Méralie Murray-Hall.


De nouveaux sentiers seraient tracés, avec des accès via les terres publiques environnantes, mais les maquettes n’en disent pas beaucoup plus pour le moment.
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