L’Héritage I qui relie Trois-Pistoles aux Escoumins, qui a connu une année historique en termes de passagers l’an dernier, s’enligne pour répéter cet exploit une deuxième fois cette année en raison de la grève à la traverse Matane-Côte-Nord.
Les gens qui veulent éviter de faire le tour par Québec n’auront pas cent mille options jusqu’au 3 août : la traversée de St-Siméon-Rivière-du-Loup qui ne prend pas de réservations ou celle de Trois-Pistoles-Escoumins qui en prend.
Rencontré par le Journal dans la timonerie du navire, le capitaine de l’Héritage I, Jean-Philippe Rioux, indique qu’il note déjà une montée en flèche des réservations en consultant l’horaire des prochaines semaines.
Un gros été
Un mercredi matin à 4 h 30 ? Déjà « pratiquement plein ».
« Habituellement, les traverses tôt le matin sont les dernières qui se remplissent », commente le capitaine.
Ceux qui ont planifié des vacances incluant une ou des traversées devront faire vite pour avoir une place sur le navire.
« Dans deux semaines, il y a encore des ouvertures, mais ça se comble rapidement », laisse-t-il tomber.

Le capitaine indique que la grève crée « un engouement et un certain rush » qui versent plutôt dans le positif, mais que ce sont les employés à quai qui doivent gérer les gens qui ont manqué leur traverse.
« Ils doivent rester diplomates et professionnels, mais en même temps ça se peut qu’il se fasse parler bête », dit-il.
Bon achalandage
Ce sera un gros été, mais aussi un bel été puisque le navire a été le témoin de beaucoup d’améliorations au cours des dernières années.
D’ailleurs, aucun bris n’a forcé l’annulation de traverses l’an passé.
Jusqu’à maintenant, les statistiques affichent un total d’environ 12 000 passagers depuis le début des traversées au mois de mai.
« L’an dernier on a eu 38 000 passagers enregistrés, ce qui a été pour nous une année record, et normalement on embarque autour de 11 000 véhicules par année », détaille Jean-Philippe Rioux.
Le traversier accueille « n’importe quoi qui roule sur la route », la seule limite étant la longueur et longueur totale du quai de Trois-Pistoles.
« La zone de débarquement est faite en croche, donc la limite de véhicule est d’une longueur d’environ 24 mètres », explique-t-il.
Un navire qui tough
L’Héritage I a été construit en 1973, avec une spécificité toute Trois-Pistolesque qui lui donne plus de tonus.
« L’autre côté il n’y a pas creux d’eau comme ici, ce qui fait en sorte que le bateau s’échoue. Il a donc été construit de manière plus solide qu’un bateau qui ne fait que flotter », révèle-t-il.
Après avoir renippé le groupe propulsion-moteur en 2023, il ne reste plus que l’intérieur à rénover, mis à part l’entretien général des composantes mécaniques.
« Même 52 ans plus tard, on est encore solide et on a un bel avenir devant nous », lance le capitaine.
Aménagement intérieur
La Compagnie de navigation des Basques qui opère la traverse a voulu se lancer dans un gros chantier pour rénover certaines parties intérieures et extérieures du navire, qui a été mis en arrêt en raison de manque de subventions.
« On est en train de travailler pour le faire nous-mêmes, car aller en chantier c’est très cher. On va faire le reste en y allant étape par étape avec le temps et les ressources qu’on a », mentionne M. Rioux.

Le quartier d’équipage et les salles de bains ont été remis à neuf, et il reste l’habitacle pour le public à remettre au goût du jour.
« C’est de l’esthétique, mais en même temps on va pouvoir s’assurer que notre pont est encore à son top », souligne le capitaine.
Le capitaine indique qu’il n’y aura pas de grève à l’Héritage I.
« On est loin de ça. L’ambiance est très bonne à bord et les équipages sont bien formés », termine-t-il.