CHRONIQUE | Un peu de coq à l’âne

Par Raphaël Hovington 12:00 PM - 7 août 2025
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Le lac Walker de Port-Cartier figure parmi les 10 plus beaux lacs du Québec. Photo Tourisme Côte-Nord

Les sujets ne manquent pas actuellement. Le Journal de Québec vient de publier sa énième liste des pires lacs du Québec. Le bureau d’enquête se penche sur 915 plans d’eau qui mériteraient une attention particulière. Dix-neuf d’entre eux se retrouvent sur la Côte-Nord, pays de forêt, de mine et d’électricité. 

Le plus surprenant, c’est que neuf de ces lacs sont localisés à Baie-Comeau, soit les lacs Cinq-cents, Couillard, La Chesnaye, Petit Bras, Denise, Fer-à-cheval, Saint-Joseph, Frigon et Potvin. Encore plus surprenante, l’absence de réactions à ce douloureux constat, comme si personne ne se souciait de cette richesse qu’est l’eau. L’état de cinq de ces cours d’eau est stable, il se détériore pour les autres. Dans notre beau pays, vivre près d’un lac c’est comme gagner au loto, c’est le nec plus ultra. Mais voilà, la présence humaine impacte nos beaux plans d’eau.

Petite consolation, mes recherches m’ont permis de constater que la Côte-Nord recelait l’un des dix plus beaux lacs du Québec. Il se classe même au neuvième rang. Je vous le donne en mille, c’est le lac Walker, un lac sans fond (280 mètres de profondeur), qui s’étire sur 30 kilomètres de long et quatre km de large à environ 30 km au nord-ouest de Port-Cartier. Il est ainsi nommé en l’honneur d’un amiral anglais, Hovenden Walter, venu envahir le Québec en 1711. Vous connaissez le reste de l’histoire : une tempête se leva et l’expédition fut catastrophique.

La grève de la traverse

Pour nous, l’eau, c’est le chemin du Roy. Elle nous permet de donner congé à notre enclavement, mais voici que pour une énième fois, la Société des traversiers du Québec n’est plus en mesure d’assurer le service entre Matane et la Côte-Nord en raison d’une grève qui a commencé le 18 juillet pour se terminer lundi, soit durant les vacances de la construction. Les grévistes sont affiliés à la CSN et se plaignent de ne pas avoir eu d’augmentation de salaire depuis trois ans. Ils sont sans convention de travail depuis avril 2023.

Comme l’a écrit Réjean Porlier dans l’une de ses chroniques, « Si nos politiciens utilisaient la traverse comme ils utilisent la 20, nous passerions un été magnifique, parce qu’ils auraient pris les moyens de prévenir cette grève ». Au Canada, comme au Québec, force est de reconnaître qu’il y a beaucoup à faire dans le domaine des relations de travail. Il est tout à fait déplorable qu’on ne parvienne pas à mettre en place des mécanismes pour accélérer les négociations et éviter les conflits. Les employés de Postes Canada sont sans convention depuis 18 mois et ceux de la traverse depuis plus de deux ans.

Dans les deux cas, il s’agit de services essentiels. Que devrait-on faire pour éviter une rupture des services ? À mon humble avis, tout le monde devrait rechercher une solution réaliste qui ne passe pas par un recours à la grève ou aux ralentissements de travail. Arbitrage, médiation obligatoire, loi spéciale : il n’y a pas de formule magique, mais quand les droits des uns briment ceux des autres, comme d’utiliser la poste ou de relier deux rives du St-Laurent par la seule voie possible, soit la navigation, il me semble qu’on devrait multiplier les efforts pour trouver d’autres moyens pour assurer des conditions de travail décentes, sans verser dans l’excès, à ceux et celles qui assurent le maintien de ces services. 

La guerre commerciale

Je vous parlerai du pont sur la rivière Saguenay dans une prochaine chronique, mais pour l’heure, Donald Trump continue de tenir l’économie mondiale sur le qui-vive. Il l’a prise en otage. Il s’amuse avec elle comme un chat traque une souris. Il divise pour mieux imposer ses visions (ou son absence de vision). Il s’adonne même au chantage économique. Il se paie des joutes de golf en Écosse et accepte des cadeaux, comme un Boeing 747 du Qatar, qui coûteront une fortune à ses compatriotes.

Le chiffre 47 lui plaît énormément, même qu’il lorgnerait le suivant en espérant obtenir un troisième mandat. Est-ce que Nostradamus a prédit son arrivée au pouvoir et tous les mélodrames qui s’ensuivraient. Les surtaxes sur le bois, l’acier et l’aluminium, tout cela est un jeu pour lui. Malheureusement, les Américains ont élu un homme ambitieux qui n’a aucun respect pour ses vis-à-vis, ni pour aucun pays, et encore moins pour la démocratie. Cette dernière repose sur la liberté d’expression et la libre circulation des biens et des personnes, sur l’indépendance du système judiciaire et de ses représentants, sur l’autonomie de certaines institutions comme la banque fédérale et j’en passe.

Et si le monde tournait le dos aux États-Unis, est-ce que cela réglerait le problème ? Actuellement, les chefs d’État font des courbettes devant un individu déjà condamné par la justice américaine et qui se déplace avec un caillou dans sa chaussure du nom de Jeffrey Epstein. Pauvre Amérique !

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