Les conditions n’auront jamais été aussi bonnes pour observer les bélugas dans la baie Sainte-Marguerite, puisque la Halte du Béluga du Parc national du Fjord-du-Saguenay a été complètement réaménagée.
Située à environ trois kilomètres du poste d’accueil du site du secteur de la baie Sainte-Marguerite du Parc national du Fjord-du-Saguenay à Sacré-Cœur, la Halte du Béluga est à la fois moderne et modeste qui respecte la beauté des lieux.
Ce sont des investissements de 1,25 million de dollars qui ont été nécessaires à la réalisation de ce « beau bijou » comme le qualifie Jérôme Gouron, directeur du parc national du Fjord du Saguenay.

En plus du belvédère déjà construit, la halte comporte maintenant plusieurs espaces d’observation, incluant un amphithéâtre, une aire d’observation libre et un coin pique-nique. Un deuxième étage a été ajouté, appelé l’espace science, qui est entièrement dédié à la recherche sur les bélugas. Un espace poussette a aussi été prévu pour désencombrer les aires communes.
Une baie réservée aux bélugas
La baie Sainte-Marguerite est un haut lieu social pour les bélugas, qui fait partie de leur évolution tout au long de leur vie.
« C’est une aire de résidence pour eux. Les femelles viennent ici pour apprendre à leurs veaux comment chasser et socialiser avec les autres individus », révèle Nathaël Bergeron, directrice de l’Unité de gestion du Saguenay-Saint-Laurent chez Parcs Canada.

La baie a donc été bloquée à la circulation de navires, car les bélugas sont une espèce en voie de disparition et qu’ils fréquentent les lieux assidûment tous les jours durant l’été.
« Ça nous a permis d’observer que l’interaction entre les bateaux et les mammifères marins changeaient les comportements, et la zone d’exclusion vient protéger ce milieu important pour les bélugas », note-t-elle.
Mieux comprendre les bélugas
La nouvelle halte présente aussi une expérience tout à fait unique pour les visiteurs, qui peuvent regarder les images retransmises en direct d’un drone qui survole les bélugas en compagnie d’un naturaliste.
Pour le président et directeur scientifique du Groupe de recherche et d’éducation sur les mammifères marins (GREMM), Robert Michaud, « c’est un rêve qui prend forme ».
« Le Parc marin, la SÉPAQ et le GREMM travaillent ensemble pour faire des choses dont on ne pouvait même pas rêver il y a dix ans », résume-t-il.
Le chercheur et son équipe travaillent depuis quelques années déjà sur le projet Fenêtre sur les bélugas, et c’est le résultat final qui sera en action à la halte.
« Si j’essaie de convaincre les gens qu’il y a une femelle avec son veau au large qui socialisent avec le reste du troupeau, il va falloir qu’ils me croient », ironise le scientifique.

M. Michaud est d’ailleurs fébrile avec les nouveaux « moyens technologiques flyés », qui permettent de partager des images en direct des bélugas autrefois réservées à la science avec le plus grand nombre.
« J’ai l’impression d’avoir perdu 35 ans de carrière à observer les bélugas avec des jumelles sur un bateau », lance-t-il.
« Quand on les voit de haut, on s’aperçoit que ce sont des animaux qui ont une vie sociale très riche. On les présente comme ils sont vraiment », termine Robert Michaud.
Notons que les coûts de rénovation de la Halte du Béluga ont été partagés entre la Sépaq (1,15 M$) et Parcs Canada (100 000 $). Le transport de certains matériaux a dû être effectué par hélicoptère.