Acquisition d’Innergex: il fallait «agir rapidement», selon la ministre Fréchette
La Caisse et le gouvernement Legault ont investi dans le producteur d’énergie renouvelable Innergex pour garder le siège social au Québec, a affirmé la ministre de l’Économie et de l’Énergie, Christine Fréchette, mercredi. Sur cette photo, la ministre répond à une question de l'opposition à l'Assemblée nationale à Québec, le mardi 3 juin 2025. LA PRESSE CANADIENNE/Jacques Boissinot
La Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ)et le gouvernement Legault ont participé à l’acquisition du producteur d’énergie renouvelable Innergex pour garder le siège social au Québec, a affirmé la ministre de l’Économie et de l’Énergie, Christine Fréchette, mercredi.
L’entreprise aurait pu être achetée par des intérêts américains, sans cette intervention, a avancé la ministre, en mêlée de presse avant d’entrer au conseil des ministres.
«C’est important qu’on garde les retombées pour la transition énergétique au Québec et c’est ce que va permettre cet investissement», a déclaré Mme Fréchette.
Investissement Québec, le bras financier du gouvernement québécois, pourrait mettre jusqu’à 500 millions $ dans cette transaction évaluée à 10 milliards $ en tenant compte de la dette.
La Caisse a lancé le bal, en février, en annonçant son intention d’acquérir l’entreprise de Longueuil pour un montant de 13,75 $ par action. La Caisse avait signifié son intention de trouver d’autres investisseurs pour une participation d’environ 20 %.
Après la conclusion de la transaction en juillet, la Caisse a confirmé qu’Investissement Québec compterait parmi les actionnaires. Le Mouvement Desjardins, le fonds de travailleurs Fondaction et 14 investisseurs institutionnels suisses sont aussi de la partie.
«On a mis tout notre poids avec la Caisse de dépôt et d’autres partenaires pour faire en sorte de sécuriser au Québec entre les mains de Québécois, ce joueur-là d’importance dans le cadre de la transition énergétique», a dit la ministre.
Mme Fréchette s’est fait questionner à savoir si la participation du gouvernement était nécessaire alors que la Caisse avait déjà conclu un accord.
Elle a répondu qu’Innergex avait fait l’objet d’une «offre d’achat hostile» de la part d’un investisseur américain. «Il fallait faire en sorte de réagir et la Caisse a agi rapidement.»
Avant l’annonce de la transaction, l’action d’Innergex était sous pression en Bourse en raison des commentaires hostiles de l’administration Trump envers les énergies renouvelables.
Cette baisse du prix de l’action a suscité l’intérêt de deux acheteurs potentiels, en plus de la Caisse, selon des documents réglementaires publiés en mars.
Innergex a été approché en septembre par une firme de capital d’investissement, dont le nom n’a pas été révélé, toujours selon le document.
La Caisse a manifesté son intérêt plus tard en novembre. Les administrateurs d’Innergex ont alors convenu d’analyser les deux propositions ainsi que la possibilité de rester une société cotée en Bourse.
Un autre acquéreur aurait toutefois eu peu de chance de mettre la main sur la société québécoise, une fois que la Caisse a fait connaître son intérêt. Sans le soutien d’Hydro-Québec (19,9 % des actions) et de la Caisse (6,6 % des actions), un acquéreur aurait difficilement pu obtenir suffisamment d’appuis pour aller de l’avant.
Hydro-Québec n’avait d’yeux que pour la Caisse. La société d’État a «expressément confirmé par écrit qu’elle n’avait pas l’intention d’appuyer» une autre proposition que celle de la Caisse, peut-on lire dans le document.
«Un acteur financier majeur» avait aussi approché la société en décembre, mais la proposition a été tuée dans l’œuf par Hydro-Québec.