Ferme Desrochers : du bœuf vendu directement à la ferme
Marc-Olivier Gougeon et Gabrielle Desrochers sont propriétaires et fondateurs de la Ferme Desrochers. Les voici entourés de leurs enfants et de leurs nouveaux veaux. Photo courtoisie
Gabrielle Desrochers, copropriétaire de la Ferme Desrochers à Pointe-aux-Outardes, a le vent dans les voiles. Depuis la fondation de son entreprise en 2022, l’évolution est fulgurante et une autre nouveauté s’amène cette année : l’agriculture bovine.
La jeune agricultrice, entourée de son conjoint Marc-Olivier Gougeon, a acquis trois veaux tout récemment afin de les engraisser cet hiver dans le but de vendre de la viande de bœuf au printemps 2026. Ce n’est que le début de l’aventure dans le milieu bovin.
« Notre projet, l’an prochain, si tout va bien, c’est d’acheter nos reproducteurs. Donc on commencerait vraiment notre reproduction. On aurait notre taureau et nos femelles. On ferait nos propres bébés. On partirait l’engrenage en 2026 », dévoile Gabrielle Desrochers, en entrevue avec Le Manic.
Le couple n’a pas nécessairement fixé d’objectif en termes de têtes pour son troupeau, mais l’an prochain, il aimerait faire l’acquisition d’un taureau et de trois vaches. « C’est vraiment un élevage qui grossit tranquillement parce que c’est un gros investissement acheter des reproducteurs », fait savoir Mme Desrochers.
Chose certaine un aménagement spécial sera construit pour les nouveaux venus dès cet automne. Pour ce faire, les entrepreneurs devront défricher environ un hectare de terrain et installer un enclos qui délimitera l’espace accordé aux bœufs.
« C’est pour cette raison que cette année, on n’a pas encore nos reproducteurs. On a juste nos veaux parce qu’il est plus facile de leur trouver une petite place sur la ferme », explique la productrice.
Comme toute la partie défrichée de la terre agricole de la Ferme Desrochers est exploitée présentement, les propriétaires n’auront pas d’autres choix que d’en déboiser davantage. Les bœufs ne peuvent pas non plus être disposés avec d’autres animaux.
Objectif de départ
Quand ils ont démarré leur entreprise agricole, Gabrielle et Marc-Olivier avaient déjà en tête d’offrir de la viande de bœuf.
« Depuis le début qu’on sait qu’on veut avoir des bœufs. On avait un penchant vers le gros gibier ou le bœuf, mais à évaluer l’offre et la demande de la région, on a opté pour le bœuf au lieu du gros gibier », raconte la jeune maman de deux enfants.
Acheter une telle sorte de viande directement à la ferme est plutôt rare sur la Côte-Nord et dans la Manicouagan. À sa connaissance, Gabrielle Desrochers croit qu’elle est la seule à le faire. Le président de la Fédération de l’UPA Capitale-Nationale-Côte-Nord, Yves Laurencelle, va dans le même sens.
« Je crois qu’ils sont les seuls à prendre cette voie-là sur la Côte-Nord, mais je ne peux pas le confirmer. Je les encourage fortement à continuer puisqu’ils incitent les gens à manger directement à la ferme », affirme-t-il au Journal.
En se tournant vers la production bovine, la Ferme Desrochers poursuit son objectif de diversification de ses produits. Elle répond également à une demande de la clientèle. « On se le fait demander souvent depuis notre tout début. On sait qu’il y a de l’engouement pour le produit et qu’il va bien se vendre », témoigne Mme Desrochers.
Cette dernière, qui a étudié en gestion et technologies de l’entreprise agricole, se fait aussi une joie d’offrir une viande de qualité dans la région. « Nos bœufs sont élevés en plein air. C’est le bien-être animal avant tout comme toutes nos autres productions », dit-elle.
Agrotourisme
Débuté l’an dernier, l’agrotourisme est aussi en développement sur la Ferme Desrochers. Cette saison, plus de 1 200 visiteurs ont fait le tour des installations sous forme de visite guidée.
« On veut continuer à diversifier notre offre agrotouristique et améliorer notre site pour qu’il soit encore plus beau et plaisant pour les gens », divulgue la copropriétaire précisant que les visiteurs ont pu découvrir comment les animaux sont élevés.
La grande majorité des personnes qui ont fait un saut à la Ferme Desrochers provenaient de Baie-Comeau et de la région. L’objectif pour les agriculteurs serait donc d’attirer les touristes en provenance de l’extérieur.
« Quand les gens venaient nous visiter, dans nos statistiques, on leur demandait d’où ils venaient. C’était presque tous de Baie-Comeau. On voudrait donc rentrer dans le monde du tourisme aussi et dire aux gens qui se rendent au Parc nature de Pointe-aux-Outardes de faire un petit arrêt chez nous », précise Gabrielle Desrochers.
Le couple a pu compter sur l’aide de deux étudiants cet été pour les travaux à la ferme ainsi que les visites guidées. Gabrielle, maman d’un nouveau bébé depuis juin, a bien apprécié ce coup de main qu’elle aimerait renouveler l’an prochain.
Rappelons que la Ferme Desrochers a commencé dans le monde agricole avec 300 poulets en 2022. Par la suite, se sont ajoutés les cochons, les agneaux, l’agrotourisme et maintenant, les bœufs. Elle est d’ailleurs la seule qui peut abattre ses poulets directement à la ferme sur la Côte-Nord.