Domaine Côte du Nord : du sirop de cassis produit à Ragueneau
Adam Desbiens, propriétaire du Domaine Côte du Nord, entouré de ses vignes. Photo Johannie Gaudreault
Le cassis est une petite baie bleu foncé encore méconnue dans la région. Le Domaine Côte du Nord en cultive 1 000 plants qui seront transformés en sirop de cassis prêt à la vente au détail cet automne, pour la première fois.
Le propriétaire de ce vignoble situé à Ragueneau, Adam Desbiens, a maintenant son permis du MAPAQ en poche. Celui qui cultive le cassis depuis quelques années déjà pourra le vendre directement sur sa terre ou encore dans les marchés publics.
« On avait fait un petit test de marché pour voir s’il y avait de l’intérêt pour le sirop de cassis. Les gens avaient aimé ça. Donc finalement, ça a été positif. Il avait une belle réponse », raconte M. Desbiens qui avait organisé des dégustations lors du marché de Noël au Château Baie-Comeau, entre autres.
Comme l’entreprise ne possède pas de cuisine pour la transformation des petits fruits, un partenariat gagnant-gagnant a été mis en place avec le Centre pour les aînés de Ragueneau. « Nous, on loue la cuisine qui est peu utilisée et on l’utilise davantage. Et eux autres, ils contribuent à développer un produit de leur village », divulgue l’agriculteur.
Avec son nouveau permis, le Domaine Côte du Nord pourra distribuer directement le sirop de cassis cette année. « L’année prochaine, ce qu’on veut, c’est pouvoir le distribuer à des centres de distribution, c’est-à-dire des épiceries, à la grandeur du territoire », ajoute Adam Desbiens.
Le sirop de cassis n’est pas alcoolisé contrairement à la crème fabriquée avec ce même petit fruit. Il peut être servi sur des crêpes, du pain doré, dans les liquides, sur la crème glacée, ou encore dans le vin blanc, par exemple.
« Tu peux la manger comme ça, mais la pelure est très épaisse. C’est moins le fun à manger, c’est un petit fruit qui est souvent transformé », témoigne l’amateur de cette baie à l’allure d’un bleuet foncé, qui l’a découverte lors d’un passage sur l’île d’Orléans.
Les plants qui poussent à Ragueneau en sont à troisième saison cette année. Le propriétaire a réussi à en récolter entre 50 et 60 kilos. L’an prochain, il espère atteindre les 1 000 kilos.
« La récolte termine à la fin août et elle dure environ trois semaines. Cette année, au mois d’août, on a eu deux semaines de sécheresse donc ça n’a pas été idéal. Le fruit a séché sur les plants, ce qui a nui à ma récolte. L’année prochaine, je m’attends à ce que ce soit beaucoup mieux. Les plants vont vieillir », explique-t-il.
Avec les fruits récoltés, le cultivateur s’attend à produire entre 300 et 400 bouteilles de sirop. L’an prochain, le cap des 1 000 bouteilles pourrait être atteint, si tout se passe comme prévu. Pour les intéressés, gardez l’œil ouvert vers la fin septembre.

Des investissements majeurs
Au niveau des vignes, des investissements majeurs seront réalisés dès l’an prochain. Le Domaine Côte du Nord doit transformer ses bâtiments pour qu’ils soient approuvés par le MAPAQ et la Régie des alcools, des courses et des jeux. Avec ID Manicouagan, il travaille à attacher un financement pour le projet.
Une salle de transformation doit être aménagée et un entrepôt doit être construit pour stocker les marchandises. Le projet comprend aussi l’achat des cuves, du pressoir et le fouloir qui sont nécessaires pour la transformation des raisins. Quant à la boutique, elle sera aménagée dans une deuxième phase.
« Idéalement, on commencerait la rénovation et l’aménagement des installations après Noël pour être capable de mettre les raisons de la récolte de l’année prochaine dans les cuves pour les transformer. C’est l’objectif.
Avec ses 7 000 vignes de trois cépages différents, adaptés aux températures nordiques, le producteur agricole s’attend à une bonne saison cette année, mais il ne se prononce pas officiellement avant la fin septembre. “On a déjà vu un gel le 19 septembre”, se souvient-il.
Toutefois, les apprentissages des dernières années laissent présager une récolte intéressante.
Comme le financement n’est pas chose simple dans le domaine de la viniculture, l’entreprise s’est tournée vers le sociofinancement en 2015 avec son système de parrains et marraines. Celui-ci est encore en place pour ceux qui souhaitent l’encourager contre de petits avantages comme des dégustations en avant-première.
Adam Desbiens voit grand pour l’avenir de son vignoble. Entouré de sa conjointe et de ses quatre enfants, bien installé sur la terre familiale acquise de son père, il garde le sourire et la passion des raisins.

