Une société minière torontoise veut faire une mine de terres rares au nord de Sept-Îles
Le gîte minéralisé du projet Kwyjibo est localisé 125 km au nord-est de la ville de Sept-Îles et quelques kilomètres au nord du lac Manitou, dans la MRC de Minganie et sur le Nitassinan. Il est développé par SOQUEM. Photo archives
Québec a trouvé un nouveau partenaire pour le projet d’exploration d’éléments de terres rares Kwyjibo, situé à 125 km au nord-est de Sept-Îles.
Le projet Kwyjibo est détenu par la filiale d’Investissement Québec, SOQUEM, qui a pour mission de favoriser l’exploration et la mise en valeur des ressources minérales du Québec. Sa phase de prospection remonte à aussi loin que 1993.
Depuis, le projet a évolué, traversant une période d’exploration jusqu’en 2013, pour ensuite amorcer sa mise en valeur.
À terme, il pourrait se traduire par l’aménagement d’une mine souterraine et d’un concentrateur sur le site d’exploitation, ainsi que d’une usine de traitement et d’extraction des terres rares à l’extérieur de celui-ci, décrit la SOQUEM.
En 2020, son partenaire Focus Graphite a décidé de lui céder ses parts, faisant d’Investissement Québec l’unique actionnaire.
Le portrait s’apprête à changer, puisque fin août, la minière torontoise Consolidate Lithium Metals Inc (CLM) a annoncé la signature d’une lettre d’intention avec la SOQUEM. Elle pourrait acquérir jusqu’à 80 % du projet. La transaction pourrait se conclure d’ici la fin octobre et prévoit deux phases sur plusieurs années totalisant une participation financière d’une valeur de 45,15 M$.
« Cette lettre d’intention avec SOQUEM représente une opportunité unique de collaborer avec une entité soutenue par le gouvernement du Québec sur ce que nous considérons comme l’un des actifs de terres rares les plus stratégiques de la province », a indiqué Richard Quesnel, PDG de CLM, par communiqué.
Avec la demande croissante prévue pour le NdPr et les terres rares lourdes, il croit que le projet a le potentiel de devenir un « fournisseur clé » pour les chaînes d’approvisionnement nord-américaines et européennes. La lettre d’intention est toutefois « non contraignante », c’est donc de dire qu’il n’y a pas encore d’engagement entre la minière torontoise et Investissement Québec, à ce stade.
Dans la phase 1 de l’acquisition proposée, CLM débourserait 23,15 M$ sur cinq ans. Là-dessus, 12 M$ seraient investis concrètement pour faire progresser le projet avec, notamment, la négociation et la ratification d’une entente avec les Innus de Uashat mak Mani-utenam, une campagne de forage et une étude faisabilité.
La phase 2 s’amorcerait par la suite pour une période de trois ans, durant laquelle la construction serait entamée.
Le projet de Focus Graphite au nord de Sept-Îles franchit une nouvelle étape