8 ans et demi de prison pour un Septilien qui a agressé huit enfants
Le Septilien Jean-Marc Beaudin a quitté le palais de justice de Sept-Îles les menottes aux poignets, jeudi, après avoir reçu sa sentence. Photo Sylvain Turcotte
Un Septilien de 75 ans, qui a manipulé et menacé huit enfants afin qu’ils gardent le secret des agressions sexuelles qu’il a commises sur eux durant 20 ans, a écopé de 8 ans et demi de prison, jeudi.
Les faits reprochés à Jean-Marc Beaudin se sont produits entre 1971 et 1993, majoritairement à Sept-Îles, que ce soit à sa résidence, en voiture ou dans un boisé.
Les victimes sont sept filles et un garçon, pour la plupart âgé de 13 ans et moins à l’époque. Ces gestes à caractère sexuel (attentats à la pudeur et agressions) ont eu d’importantes répercussions sur elles au fil des années, entre autres de l’anxiété, de la dépression et des problèmes de consommation.
Jean-Marc Beaudin avait plaidé coupable en avril dernier à 14 chefs d’accusation.
En plus de sa sentence de huit ans et demi, Jean-Marc Beaudin figurera à perpétuité au registre des délinquants sexuels et ne pourra se trouver près d’un lieu occupé par des enfants (parcs, garderies, écoles…) pour les dix ans suivant sa libération.
Un soulagement
Une des personnes abusées par M. Beaudin se trouvait au Palais de justice de Sept-Îles pour le prononcé de la sentence.
« Je me sens libérée. Enfin, notre abuseur va être puni pour les vies qu’il a brisées. Ça a été quand même long », a-t-elle exprimé. Elle a mentionné être tombée dans la déchéance, dans la drogue.
C’est elle qui a été l’instigatrice de la dénonciation, voulant guérir sa santé mentale. Comme lors de son témoignage en avril, elle a mentionné que sa vie ne devait pas être celle de crime et de drogue.
« Je voulais être médecin. Tous mes rêves sont tombés à l’eau. »
Elle trouve cela « assez spécial » le fait que Jean-Marc Beaudin n’ait pas reconnu tous les gestes posés selon les rapports, « parce que, quand tu dis à la cour que c’est pour aider les victimes, ça n’aide pas les victimes de se faire abuser. C’est faux. C’est faux. Aucunement qu’il nous a aidés, il a brisé nos vies. C’est la vie d’une famille complète. On était six dans la famille qui a été abusé par lui », a-t-elle exprimé, à l’extérieur du palais de justice, jeudi.
Sentence satisfaisante
La procureure de la Couronne, Me Roxanne Fournier, parle de sentence juste, même si elle avait plaidé pour une peine de dix ans.
« C’est une sentence qui, je crois, est représentative de la gravité des infractions et de la culpabilité morale de M. Beaudin. »
L’avocate de la poursuite indique que la juge Nathalie Aubry a retenu les facteurs aggravants des gestes reprochés, « qu’il y avait de l’abus de confiance, le fait qu’il y a eu répétition au niveau des gestes à caractère sexuel sur plusieurs des victimes. La juge a retenu également le fait que les victimes étaient mineures à titre de facteur aggravant. »
Les rapports des différents spécialistes ont notamment démontré que le risque de récidive était sous la moyenne.
Jean-Marc Beaudin n’a toutefois jamais reconnu l’entièreté des agressions envers les huit victimes.
« Il reconnaît qu’il a posé des gestes à l’égard de six victimes sur huit et il minimise les gestes qu’il a posés sur les victimes », a fait savoir Me Fournier.
La procureure a salué le courage des victimes dans cette histoire.
« Ça prend un immense courage pour dénoncer de telles infractions et il n’est jamais trop tard pour dénoncer une infraction criminelle, une infraction de nature sexuelle également. Donc, je tiens à souligner leur courage aujourd’hui d’avoir passé à travers ce processus-là ».
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