Un nouveau service d’hébergement de crise est lancé dans la région. Il vient offrir un espace sécuritaire et temporaire aux personnes vivant une détresse psychologique.
C’est à l’occasion de la Journée nationale de prévention du suicide, le 10 septembre, que le Centre de prévention du suicide (CPS) Côte-Nord a franchi cette étape majeure en inaugurant le nouveau service qui est une première dans la région. Il a aussi lancé officiellement sa campagne annuelle Porteur d’espoir.
« C’est dans le but d’éviter les portes tournantes, explique Maude Cloutier, directrice générale du CPS Côte-Nord. On parle beaucoup dans les dernières années des gens qui sont envoyés à l’hôpital et qui sont retournés parce qu’ils ne sont pas aptes à la psychiatrie ou ce n’est pas le moment. Nous, on va venir contrer ça. »
Un filet de sécurité
Le nouveau service propose un hébergement simple, mais adapté aux besoins : un lit, une chaise, un espace de vie commune et un local de rencontre avec un intervenant.
L’objectif : offrir un environnement calme, sécuritaire et surtout propice à l’intervention de crise.
« Le suicide cache parfois d’autres problématiques, souligne Mme Cloutier. C’est sûr qu’une personne qui va avoir besoin de soins psychiatriques ne viendra pas ici parce qu’on n’est pas les experts. »
Elle précise également que le CPS ne travaille pas en silo, mais en étroite collaboration avec les autres organismes communautaires de la région.
« Nous, on est les experts pour mettre un filet de sécurité, faire des références aux bons endroits, aux bons organismes. On est les experts en crise suicidaire, mais on ne fait pas de dépendance, on ne fait pas le service pour hommes plus spécialisés », fait-elle savoir
Une détresse grandissante
La pertinence d’un tel service est indéniable. Selon Mme Cloutier, la demande est en hausse constante. En 2024, le CPS a réalisé 4 917 interventions, une augmentation de 8 % par rapport à l’année précédente.
« On en parle beaucoup et la prévention fait son œuvre aussi. Donc je crois que ça va être un outil de plus parce qu’avoir dans sa famille une personne qui souffre, en santé mentale, des crises suicidaires, ça vient usant. Donc avoir un service d’hébergement vient donner un répit aussi pour les proches », explique la directrice générale.
Le service s’adresse à toutes les personnes de la Côte-Nord. Toutefois, il est essentiel d’obtenir une évaluation auprès de la ligne d’intervention afin de déterminer si un long déplacement est approprié ou non pour la personne.
La campagne Porteur d’espoir
En parallèle, le CPS a donné le coup d’envoi à sa campagne 2025-2026 Porteur d’espoir. Les bénévoles et sympathisants porteront fièrement le chandail de la campagne, qui devient un outil de sensibilisation à travers la Côte-Nord.
« On est physiquement à Baie-Comeau, mais on couvre tout le territoire. Avec la campagne, ce sont les citoyens eux-mêmes qui deviennent nos porte-parole. C’est une initiative 100 % régionale, et les gens sont heureux d’expliquer la signification du chandail », rappelle Mme Cloutier.
Des appuis solides
Lors de l’inauguration, plusieurs partenaires ont tenu à souligner l’importance du projet.
Le lieutenant Daniel Turgeon, directeur du centre de services de la Sûreté du Québec à Baie-Comeau, a rappelé que la prévention du suicide fait partie intégrante du travail quotidien de nombreuses équipes de relation d’aide.
« C’est une cause qu’on a à cœur. Ça fait partie du quotidien de notre travail, de la relation d’aide et tout ce qui entoure les situations de crise. On est appelé à intervenir assez régulièrement. Dans les dernières années, on a vu une très forte hausse de ce type d’appels, donc on est très heureux de pouvoir être ici et de contribuer à l’évènement. »
La présidente du conseil d’administration du CPS a quant à elle profité de l’occasion pour rendre hommage à Gladys Tremblay, qui prend sa retraite après des années d’engagement.
« Une collègue et une amie exceptionnelle qui a marqué l’histoire du CPS par son engagement, sa vision et son cœur. Aujourd’hui, c’est l’aboutissement du travail que tu as entamé », a-t-elle dit avec émotion à l’ancienne directrice générale.

