L’équipe de canotiers de À la Mer du Nord a débouché dans les eaux de la baie James après un périple de plus de 1 200 kilomètres sur les lacs et rivières du Grand Nord. Les participants ne sont pas près d’oublier cette expédition, qui a vite pris des proportions d’épopée héroïque.
Les canotiers ne se sont pas seulement forgé des souvenirs de vie inoubliables, mais aussi toutes que des paires d’épaules qui nous font soupirer de bonheur lors d’un déménagement.
« J’ai vu des gens se transformer en superhéros », résume Bruno Forest, l’instigateur de ce projet d’expédition unique qui a fait résonner au présent l’histoire de la route ancestrale des fourrures de l’Amérique autochtone et française.
« C’était incroyable de voir les gens porter des charges immenses, s’entraider, et faire des choses qui n’ont pas de sens au niveau physique, et de recommencer le lendemain », détaille-t-il.
« Ça fait ressortir quelque chose qui est beau », complète le chef de brigade.
Inondés de beauté
À chaque instant de son périple, l’équipe de six canotiers a eu la chance de côtoyer le plus beau de ce que la nature du nord du Québec avait à offrir. « Chaque jour, on voyait des aigles, et des paysages d’une beauté infinie », explique Bruno Forest.
La troupe a même eu la chance de voir de la grande faune de plus près, comme un caribou forestier curieux qui est resté parader un moment sous le regard des membres d’équipage.
« Quand on navigue en canot, les animaux ne reconnaissent pas nécessairement ce qu’on est. Ils nous voient comme un gros poisson à deux têtes. Ils étaient curieux et souvent restaient à nous observer », illustre M. Forest.
Échelle de complexité
Bien que certaines parties de l’expédition ont donné du fil à retordre aux participants, Bruno Forest affirme que son équipe et lui s’étaient bien préparés autant physiquement que mentalement à les surmonter.
« J’avais anticipé de façon raisonnable les difficultés qu’on aurait à vivre, et les extrêmes difficultés étaient là où je les avais pensées », souligne-t-il.
Il estime que les participants n’avaient jamais travaillé comme ça dans une vie, et que la collaboration et l’entraide ont joué des rôles clés.
« C’était un univers de sensation et d’émotions avec quelque chose d’intangible, et c’était chamboulant. Les amitiés qui sont nées dans cette aventure sont très fortes », mentionne-t-il.
Qu’est-ce qui s’en vient ?
« Se reposer un petit peu », révèle Bruno Forest à la blague. Après le repos, les membres de la troupe vont se mettre sur différents projets, dont un documentaire et un livre.
Lors de l’expédition, la cinéaste Margault Demasles a capturé des images qui serviront à la réalisation d’un documentaire co-réalisé par cette dernière et la cinéaste d’aventure Caroline Côté, qui sortira, aux dires de Bruno Forest, cet hiver « si possible ».
De son côté, le chef de brigade va plancher sur l’écriture d’un livre relatant les détails de l’expédition. « Quand on est dans l’aventure, les choses sont extraordinaires, mais on n’a pas toujours de temps pour la grande introspection, car il faut trouver du bois et installer le camp, témoigne-t-il. C’est après que ça se dépose. »
L’équipe va également enclencher le processus pour mettre sur pied des conférences et des ateliers scolaires afin de « partager le privilège qu’ils ont eu » avec le public.
Comme Jésus et ses disciples, les conférences pourront se promener. « On vise des conférences clé en main qui pourraient être données un peu partout, et les différents participants pourraient se déplacer pour l’animer selon l’endroit », termine Bruno Forest.
