Action Chômage Côte-Nord demande au gouvernement fédéral de cesser de mettre des mesures temporaires pour les travailleurs saisonniers, pour ensuite les arrêter. L’organisme déplore aussi un nouveau programme, qui n’inclut pas tout le monde.
Dans une lettre datée du 17 septembre 2025, les regroupements Action-Chômage et Alliance Interprovinciale font part à la ministre fédérale de l’Emploi et des Familles, Patty Hajdu, de leur déception relative à la décision d’Ottawa de mettre fin à la mesure accroissant de 1% le taux de chômage des régions.
« Les mesures temporaires, comme leur nom l’indique, n’apportent que des solutions temporaires à un problème qui lui, affecte en permanence les travailleurs de l’industrie saisonnière régionale », déclare Line Sirois, directrice générale d’Action-Chômage Côte-Nord.
Notons la mesure temporaire d’ajustement des taux de chômage des régions de l’assurance-emploi prend fin le 11 octobre.
« Nous aurions souhaité que cette mesure soit prolongée au-delà du mois d’octobre », lance Mme Sirois.
La lettre adressée à la ministre Hajdu comporte plus de 85 signataires de la Côte-Nord et de la Gaspésie. On y retrouve aussi des signatures venant de propriétaires et dirigeants d’entreprises saisonnières ainsi que les représentants des MRC de Manicouagan, Sept-Rivières et Minganie.
Ceux-ci saluent la décision d’avoir prolongé la suspension du délai de carence et les règles sur les indemnités de départ jusqu’au 11 avril 2026.
Cependant, comme Action-Chômage et l’Alliance Interprovinciale, ils invitent la ministre à reconsidérer sa décision de mettre fin au programme prévoyant l’accroissement de 1% du taux de chômage des régions, dont le taux réel est inférieur à 13,1%.
Un nouveau programme
Le gouvernement fédéral a annoncé qu’il investira 1,6 G$ sur cinq ans afin d’accorder temporairement aux travailleurs de longue date 20 semaines supplémentaires de soutien du revenu, jusqu’à concurrence de 65 semaines.
Cette nouvelle mesure prendra effet dès 12 octobre.
Action Chômage Côte-Nord précise que pour être considéré comme travailleur de longue date, il faudra avoir reçu moins de 36 semaines de prestations régulières (ou prestations de pêcheur) de l’assurance-chômage au cours des 5 dernières années. Il faudra aussi avoir payé au moins 30 % de la cotisation annuelle maximale à l’assurance-emploi pendant 7 des 10 dernières années.
L’organisme s’inquiète donc de l’utilisation de la catégorie « travailleur de longue date » et de l’impact pour les régions.
Selon elle, une telle catégorie apparaît discriminatoire, car elle exclut d’emblée des travailleurs de l’industrie saisonnière.
« Tout indique qu’on s’apprête à nouveau à les laisser tomber », mentionne Line Sirois.
« Le gouvernement en est encore à proposer des mesures sociales qui creusent les inégalités plutôt que de travailler à les réduire, ajoute-t-elle. En réintroduisant la catégorie de travailleur de longue date utilisée par l’administration Harper pour diviser les chômeurs, le gouvernent rame à contre-courant. »
Cette dernière revendique une mesure uniforme et universelle prévoyant 420 heures de travail pour 35 semaines de prestations, en appliquant le principe des 12 meilleures semaines comme base de calcul.