Une teinte autochtone pour le Rendez-vous panquébécois de Secondaire en spectacle à Sept-Îles
Le directeur général du comité du Rendez-vous panquébécois de Secpndaire en spectacle qui aura lieu à Sept-Îles en mai 2026, Pierre LeBreux, entouré des membres de l'organisation. Photo Sylvain Turcotte
La Côte-Nord accueillera le Rendez-vous québécois (RVPQ) de Secondaire en spectacle pour une troisième fois en quinze ans en mai prochain. L’édition 2026, qui se tiendra à Sept-Îles – Uashat mak Mani-utenam, aura une touche autochtone importante, aux dires de l’organisation.
« La cérémonie d’ouverture et de fermeture va être teintée grandement par la musique autochtone, par des gens autochtones. On veut faire des cérémonies à l’image de notre communauté. On veut que les gens qui entendent les tambours et les tam-tams aient un frisson. On a du talent incroyable et on veut le faire découvrir », mentionne Pierre LeBreux, directeur général du comité pour le RVPQ, qui aura lieu du 28 au 31 mai.
Hélène Martin, directrice générale de l’ACLAM, derrière Secondaire en spectacle, se réjouit de la collaboration avec le milieu autochtone.
« J’ai beaucoup d’affection pour ça », a-t-elle dit.
C’est d’ailleurs Laurence Bacon-Morrissette qui a ouvert les portes de la langue innue à Secondaire en spectacle il y a trois ans, celle qui fréquentait l’école secondaire Serge Bouchard de Baie-Comeau, tenait à chanter dans sa langue.
Cela a amené des écoles autochtones à s’inscrire au programme de Secondaire en spectacle, fait savoir Mme Martin. « Elles se sentent interpellées. C’est de l’inclusion. »
Le RVPQ ?
Le Rendez-vous panquébécois de Secondaire en spectacle, « c’est un peu la finalité d’un processus que des jeunes ont débuté dans leur école locale », d’expliquer le directeur général du comité pour l’édition 2026, Pierre LeBreux.
Les gagnants de la finale locale accèdent à l’étape régionale, les lauréats de cette dernière au Rendez-vous panquébécois.
Cette étape finale est l’occasion pour eux de présenter leur numéro dans un contexte hors compétition, de découvrir une région, de faire des rencontres et de prendre part à des formations. Une trentaine d’ateliers se retrouveront à la programmation, notamment de l’improvisation et comment gérer son stress.
Des activités touristiques sont aussi prévues. Des démarches seront faites aussi avec Florent Vollant pour le Studio Makusham.
« Il n’y a pas de compétition (au RVPS). C’est vraiment un aspect où tu viens présenter ton numéro, puis tu viens rencontrer des gens, tu viens faire des formations, tu viens découvrir des lieux, des sites, soit des musées, peu importe, des activités sportives que tu n’aurais peut-être pas pu faire avant en étant en train de travailler, plein d’activités avec les gens de Tourisme Sept-Îles », mentionne Pierre LeBreux.
La Côte-Nord avait été l’hôte de l’événement il y a une dizaine d’années, en 2011 à Baie-Comeau et en 2012 à Sept-Îles.
Près de 1 000 jeunes
La présentation de l’édition 2026 à Sept-Îles – Uashat mak Mani-utenam était le secret le moins bien gardé de son organisation, puisqu’il y a tout de même deux ans qu’elle travaille sur la recherche de partenaires.
Les grandes lignes ont été dévoilées en conférence de presse le 25 septembre, en présence de partenaires, mais aussi des chefs délégués de la dizaine de régions, et des et représentantes de l’ACLAM.
Ils seront entre 900 et 1 000 jeunes du secondaire pour l’événement en mai.
L’école Jean-du-Nord/Manikoutai servira de lieux d’hébergement, d’alimentation et de services aux participants. Sans l’ouverture de la direction de cet établissement, le RVPQ n’aurait pu se tenir à Sept-Îles.
La directrice des deux écoles secondaires de la rue Comeau, Marie-Eve Murray, « ne pouvait dire non à Pierre LeBreux ». Elle se sentait aussi privilégiée par le projet, puisqu’elle a gradué dans cet établissement et que son passage au secondaire avec l’Harm’Manik dans le temps a permis aux artistes de performer leur art.
La Salle Jean-Marc Dion et le Centre des congrès seront les lieux de spectacle et d’ateliers. Les cérémonies se tiendront à l’aréna Guy Carbonneau.
« On va avoir le privilège d’amener entre 900 et 1 000 jeunes à Sept-Îles – Uashat mak Mani-utenam pour qu’ils découvrent comment qu’on a une belle région, comment qu’on a des bénévoles en art qui vont se dévouer.
S’il a passé le flambeau à la direction de Loisir et Sport Côte-Nord à son fils Philippe, Pierre Lebreux voulait sortir dans les règles de l’art et a décidé d’assurer la direction générale.
» On commence à voir le bout, le moment qu’on verra à l’œuvre des milliers de jeunes. C’est un événement qui mettra la région sur la map », dit-il.
La directrice générale de l’ACLAM a souligné que c’était un plaisir de voir revenir l’événement sur la Côte-Nord.
« Peu importe la distance à parcourir, ça va amener les jeunes vers des endroits où ils ne sont jamais venus. Il y a des jeunes de Montréal-Nord qui n’ont jamais franchi les ponts. Ils vont contempler le fleuve, la mer majestueuse, ce que ça sent », a dit Hélène Martin.
Budget bouclé
À huit mois de l’événement, l’organisation a un poids de moins sur les épaules. L’aspect financier du budget de 545 000 $ est réglé.
« On va pouvoir faire un Rendez-vous panquébécois à notre image, avec nos vœux », indique M. LeBreux.
Lorsqu’il a rencontré Claude Gosselin, PDG d’Alouette, Pierre LeBreux avait en tête de demander une contribution de 15 000 $ de la part de l’aluminerie. Il a finalement lancé 45 000 $, suivi d’un OK. « » Mes toasts étaient succulentes », a-t-il raconté au sujet de ce déjeuner-rencontre.
Pour Alouette, la culture fait une différence dans la communauté, a souligné sa directrice aux communications, Marie-Claude Guimond.
Le Port de Sept-Îles, Desjardins, la ministre Kateri Champagne Jourdain et la Ville de Sept-Îles figurent au nombre des partenaires.
Un des enjeux à travailler pour l’organisation est celui du transport avec la coordination des autobus et avions pour les quelque 950 jeunes.
Pour ce qui est du recrutement des bénévoles, aux environs de 250 personnes, Pierre Lebreux n’est pas inquiet. Il sollicitera l’apport des jeunes du secondaire et souhaite un partenariat avec Alouette et les aînés.