Les syndicats ont une réponse cinglante à la réforme du régime syndicale de la CAQ

Par Quentin Dufranne, La Presse Canadienne 4:34 PM - 28 septembre 2025
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Mélanie Hubert, présidente du syndicat des enseignants FAE, prend la parole lors d'une conférence de presse, le mercredi 29 novembre 2023 à l'Assemblée législative de Québec. LA PRESSE CANADIENNE/Jacques Boissinot

Des représentants des neuf principaux syndicats du Québec ont répondu de manière cinglante à la volonté du gouvernement de François Legault de réformer le régime syndical dans la province.

Au cours d’une conférence de presse qui s’est déroulée dimanche, ils ont notamment accusé le gouvernement et le ministre du Travail, Jean Boulet, de vouloir faire diversion et de ne pas vouloir s’attaquer aux réels enjeux des Québécois, comme le logement, la santé, les services sociaux ou encore l’éducation.

Cette prise de parole intervient quelques jours seulement après la fuite d’un document, dévoilé par Québec solidaire, faisant état de la volonté du ministre Boulet de rendre les cotisations syndicales facultatives, pour les utilisations qui ne seraient pas liées à la défense des droits des travailleurs. 

«La journée où un gouvernement va s’ingérer dans notre gouvernance, va nous museler, c’est tout le Québec qui va reculer parce que notre mission c’est la justice sociale», a affirmé la présidente de la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ), Magali Picard. La journée où il n’y aura plus de rapport de force au Québec (…), c’est 80 ans en arrière qu’on va revenir.»

Le ministre Boulet a réagi dans la foulée du dévoilement de l’ébauche de son projet de loi en assurant vouloir mener une enquête à l’interne pour comprendre comment de tels documents ont pu fuiter. 

«Les syndicats ne sont pas en guerre contre le gouvernement, c’est plutôt François Legault qui cherche un super vilain, a affirmé le  président de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), Éric Gingras. Le gouvernement devrait être un vrai leader, M. Legault devrait être un vrai premier ministre et s’attaquer aux priorités (soit) unir les Québécois et Québécoises au lieu de diviser.»

Le ton avait été donné dès la présentation par François Legault de son nouveau cabinet, lors de laquelle il a demandé au ministre Boulet d’«avoir le courage de moderniser le régime syndical».  

«Ce à quoi l’on assiste depuis des mois et particulièrement les dernières semaines c’est tellement déplorable à tellement de niveaux, a lancé dimanche après-midi la présidente de la Confédération des syndicats nationaux (CSN), Caroline Senneville. Monsieur Legault nous rebat les oreilles avec le fameux traitement de choc qu’il veut infliger à la fonction publique, aux services publics, aux travailleurs et travailleuses via les syndicats, mais (…) c’est monsieur Legault qui a besoin d’un traitement de choc, car il n’est pas sur la même planète que nous.» 

Mme Senneville est allée jusqu’à comparer François Legault à Maurice Duplessis, pour son manque d’affection à l’égard des syndicats.  

«Heureusement pour nous, quand on regarde les intentions de vote et l’échéance électorale, heureusement, il y a une lumière au bout de cette grande noirceur», a-t-elle ajouté. 

Plus tôt dans la journée, le ministre Boulet a déclaré aux journalistes présents au congrès de la Coalition Avenir Québec (CAQ) à Gatineau que des excès et des abus de certaines organisations syndicales avaient soulevé «une colère publique». 

Il a pointé du doigt à plusieurs reprises les dépenses de certains dirigeants syndicaux, des votes de grèves à des heures tardives ou encore la contestation judiciaire de la loi sur la laïcité intentée par la Fédération autonome de l’enseignement (FAE).

La présidente de la FAE Mélanie Hubert ne s’est pas privée de répondre aux propos du ministre Boulet, assurant se sentir directement visée lorsque le gouvernement évoque des «abus» et «excès». Elle dénonce des cas «montés en épingle» pour en faire des généralités. 

«Si on veut parler de démocratie, par exemple, nos assemblées, on est devant un gouvernement qui adopte des lois sous bâillon à 4 h du matin, donc, en matière de démocratie, je vais les inviter à gérer leurs fougères et on va gérer la nôtre», a lancé Mme Hubert. 

Le ministre Boulet a également affirmé dimanche matin qu’il avait l’appui des syndiqués pour faire le ménage dans la gestion interne des syndicats. 

Ce à quoi les dirigeants syndicaux ont répondu en lui demandant de faire preuve de plus de sérieux et de donner davantage d’informations quant aux personnes qu’il aurait sondées. 

Mme Picard l’a invité à sonder les employés syndiqués «de son propre ministère qui fait couler de l’information parce qu’ils sont découragés de voir ce que leur patron fait».

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