Plongée scientifique : explorer les fonds marin pour mieux comprendre le fleuve
Un plongeur en pleine analyse. Photo Greta Capelli
L’équipe de plongée de l’organisme Explos-Nature des Bergeronnes est allée faire un tour au large de Rivière-Pentecôte à Port-Cartier afin de recueillir des données sur les fonds marins, un effort scientifique auquel l’organisme participe chaque année pour mieux comprendre ce qui se trouve dans le fond du fleuve Saint-Laurent.
Les plongeurs d’Explos-Nature commencent à avoir l’habitude de se mouiller le nez dans l’estuaire et le golfe du fleuve Saint-Laurent. L’expédition à Port-Cartier s’est tenue du 5 au 14 septembre.
L’Officier de sécurité en plongée et directeur des opérations maritimes d’Explos-Nature, Julian Wilson, raconte que l’organisme, en plus de ses contrats réguliers de plongée scientifique et d’interprétation naturelle sur les lieux de Parcs Canada, entreprend également des contrats de plongée scientifique avec Pêches et Océans Canada (MPO) depuis 2018.
Cette fois, la troupe a effectué 16 sorties dans des profondeurs variant de 2, 6 et 14 mètres de profondeur.
La cueillette des données brutes a été effectuée par Greta Capelli, une étudiante à l’Université du Québec à Chicoutimi, qui tentera de dégager des tendances avec les espèces recensées dans le fond de l’eau à la lumière des conditions climatiques actuelles.
« Elle va prendre toutes les données qu’on recueille pour son doctorat, et elle veut voir c’est quoi la différence entre les sites de l’estuaire et du golfe en termes de macrofaune benthique », résume l’officier.
Comprendre les changements
En recueillant des données précises sur les espèces observées, les plongeurs ont contribué à garnir le catalogue du Programme sur les données environnementales côtières de référence du MPO.
Ce programme couvre la zone qui va de Tadoussac à Pointe-des-Monts, et comporte une diversité d’organisme qui va de l’étoile de mer au saumon atlantique en passant par les oursins, les crabes et le zooplancton.
Puisque les températures un peu partout sur le globe changent et que celles des eaux du fleuve Saint-Laurent n’y font pas exception, le programme cherche à comprendre par les données recueillies quelle serait la voie à suivre pour la conservation.
Cette mission motive particulièrement les plongeurs de l’organisme des Bergeronnes, puisqu’il n’y a « pas beaucoup de données brutes sur les fonds marins » de l’estuaire et du golfe.
« Ça fait de grosses journées, mais on est vraiment choyés d’avoir cette opportunité », explique Julian Wilson.
« C’est un contrat qui attirait énormément de plongeurs, et notre équipe est chanceuse de plonger à des endroits où peut-être personne n’est jamais allé avant », ajoute-t-il.
Qu’est-ce qui se passe en bas
Les sites du golfe du Saint-Laurent sont un peu moins impressionnants en termes d’abondance que ceux de l’estuaire, selon Julian Wilson.
« Dans le golfe, il y a plus de régions sablonneuses à travers les régions rocheuses qu’on cible, et mon hypothèse rapide, c’est que ça crée une espèce d’isolement qui ne permet pas aux organismes de voyager entre les zones rocheuses comme dans les sites de l’estuaire », estime l’officier.

Ce dernier indique toutefois qu’il y a beaucoup plus d’algues dans le golfe, et que les espèces de coraux ou d’anémones sont plus rares.
Et comment passer à côté du homard, qui commence à se faire remarquer pas à peu près dans les eaux du fleuve depuis quelques années ?
« Les homards et les crabes communs sont les organismes qu’on a vus le plus souvent. Même aux Escoumins, c’est arrivé souvent qu’on tombe sur des monstres qui ont des pinces plus grandes que notre main », relate avec humour Julian Wilson.