Des économies grâce au compost dans la Manicouagan
La plateforme de compostage de la Manicouagan est en fonction depuis un an. Photo Karianne Nepton-Philippe
En détournant près de 1 000 tonnes de matières organiques du site d’enfouissement vers la plateforme de compostage, plus de 30 000 $ d’économies ont été réalisés depuis moins d’un an. Il reste encore du pain sur la planche, mais les efforts sont déjà visibles.
La première collecte de matières organiques dans la Manicouagan a eu lieu le 18 novembre 2024.
Pour 2025, de janvier à décembre, la Régie de gestion des matières résiduelles de Manicouagan (RGMRM) s’est fixé l’objectif de ramasser 1 000 tonnes à la plateforme de compostage.
À ce jour, le décompte est de 953 tonnes.
« On s’est basé sur 30 % des ordures produites dans une année moyenne, pour essayer détourner ces matières-là du lieu d’enfouissement et de les envoyer à la plateforme de compostage », explique Isabelle Giasson.
Un des coûts directs associés à la collecte des matières organiques, c’est la redevance que la RGMRM n’a pas à payer au gouvernement.
Quand les déchets sont envoyés au site d’enfouissement, il y a une redevance de 34 $ par tonne. « Donc, on fait 953 tonnes multipliées par 34 $, ça donne des coûts évités juste par cette participation », précise Mme Giasson. Cela équivaut à 34 000 $ d’économies.
« Déjà, on a des économies. Du moment où on détourne la matière de l’enfouissement pour l’amener ici, à la plateforme, on évite des coûts », poursuit-elle.
De plus, la plateforme de compostage, dès qu’elle est performante, devient admissible à des subventions, ce qui n’est pas le cas pour l’enfouissement.

L’objectif
« L’objectif de 1 000 tonnes pour la première année était assez conservateur », mentionne la directrice générale. « On peut dire aujourd’hui, mission accomplie. »
Elle remarque que beaucoup de citoyens étaient prêts à ce que la collecte du bac brun se fasse, mais beaucoup sont encore incertains. Ce sont ces personnes que la RGMRM tente de sensibiliser.
Au-delà de la première année, le but est d’atteindre la capacité annuelle de la plateforme, qui est 3 700 tonnes. « C’est ce qu’on doit atteindre d’ici cinq ans », rapporte Isabelle Giasson.
Pour ce qui est de la production de composte, la RGMRM doit produire 1 700 tonnes d’ici cinq ans.
Passes saisonnières
Mme Giasson remarque une augmentation graduelle depuis le premier jour. Certes, il y a des variations en fonction des saisons, en raison de la matière qui est générée.
« Avec nos restes de table, tout au long de l’année, on a un certain gisement stable dès que tu participes à la collecte. Ensuite, on a, par exemple, une augmentation avec la pelouse durant l’été », note-t-elle.
On s’attend à avoir prochainement une autre croissance avec les feuilles d’automne. « Ensuite, il y a des gens qui ont tout de suite adhéré et pour d’autres, ça a pris un peu plus de temps », souligne la directrice.
« Plus on réduit nos déchets, plus le montant accessible en retour de subventions va de pair. Le citoyen ne le sait peut-être pas, mais joue un très grand rôle », conclut-elle.

Ça ne va pas dans le compost
Avec 953 tonnes récoltées, la directrice générale de la Régie de gestion des matières résiduelles de Manicouagan voit les efforts des citoyens à trier leurs matières dans le bon bac.
Toutefois, plusieurs matières sont placées dans le bac brun alors qu’elles ne devraient pas s’y trouver.
“ Des employés retirent, à la plateforme de compostage, avec une pince les matières non acceptées qui sont visibles ”, informe Isabelle Giasson. “ Ensuite, on pèse ces matières-là et on les déduit du tonnage qu’on obtient. En date d’aujourd’hui, on a pesé une tonne qu’on a retirée ”, précise-t-elle.

Une tonne, ça reste petit. On remarque au déchargement d’un camion que la grande majorité des matières sont les bonnes. Toutefois, en se promenant le long des déchets, on voit plusieurs contenants de plastique, des canettes, de gros emballages de carton et même un petit bidon d’huile.
Les fameux sacs de “ plastique ”, dits biodégradables ou compostables, ne vont pas au composte. “ C’est simple, on emballe de la matière organique avec de la matière organique. On y va avec le sac papier ou si on ne veut pas dépenser, le papier journal est l’option ”, explique Mme Giasson.
“ On pense bien faire ”, dit-elle, consciente qu’avec l’inscription sur le sac, les gens pensent qu’ils sont en règle. “ Mais, en réalité ce n’est pas le cas. Souvent, ces sacs vont se dégrader en fines particules. Donc, ça reste de la matière plastique en petite particule dans la matière organique. ”
Certains ne sont même pas acceptés dans leurs infrastructures. Plusieurs ont été ramassés par les employés, c’est pourquoi Isabelle Giasson demande aux gens de les éviter.
Rappelons que la plateforme de compostage a été construite au coût total de 4,2 M$. La RGMRM a reçu un peu plus d’un million de dollars en aide financière du Programme de traitement des matières organiques par biométhanisation et compostage.
