Wapikoni mobile : 21 ans à raconter des histoires à Uashat mak Mani-utenam
Les filles de la famille de Gertrude Pinette. Photo courtoisie
Wapikoni mobile terminera sa saison 2025, sa 21e année sur la communauté, avec sa projection finale au centre culturel de Maliotenam le 6 octobre, à 18 h 30.
Wapikoni mobile permet aux communautés autochtones de créer des courts-métrages, que ce soit des documentaires, des fictions ou même des enregistrements de musique. Des cinéastes mentors accompagnent les participants tout au long du processus pour offrir leur expertise, leurs outils techniques et un style d’enseignement personnalisé pour favoriser l’autonomie des participants.
« Le but de cette organisation est de créer l’épanouissement des communautés, de les faire voir, les faire entendre et de leur permettre de partager leurs histoires à leur manière », indique Roxanne Lajoie, intervenante-facilitatrice pour Wapikoni mobile.
Au cours des 21 dernières années, plus de 6 000 participants ont participé aux ateliers de création, et ce, dans 82 communautés, villages nordiques et villes visitées à travers le Québec et le Labrador.
Cette année, Wapikoni mobile aimerait produire cinq courts-métrages durant son séjour à Maliotenam. L’un de ces courts-métrages est celui de Gertrude Pinette.
Elle a regardé sa fille et plusieurs autres dames de la communauté réaliser leurs films, mais, avec sa gêne, elle ne s’est pas sentie interpellée par le projet. Cette année, c’est elle qui a accueilli l’équipe de Wapikoni mobile aux portes ouvertes qui se sont déroulées au centre de réadaptation à Maliotenam, où elle est directrice générale et elle s’est sentie prête, cette fois-ci, à livrer son message.
« Ça faisait vraiment longtemps qu’elle réfléchissait à comment partager davantage son histoire, pas dans le but de partager la tristesse peut-être qu’elle a vécue, mais dans le but d’offrir de l’espoir aux prochaines générations, de l’espoir à ses filles, à ses petites-filles, puis de découvrir toute sa force, sa résilience », dit Mme Lajoie.

À travers son projet, Gertrude Pinette raconte l’histoire de son enfance durant laquelle elle a été placée en maison d’accueil. Elle a le désire de transmettre aux générations futures que « c’est possible la guérison, même si on a été maltraités, même si on a connu des jours plus difficiles dans l’enfance. »
Durant son court-métrage, elle y parle avec affection d’une travailleuse sociale présente dans sa vie depuis ses quatre ans. Elle lui a transmis le véritable sens de l’amour inconditionnel.
« Ce qui est vraiment important, chez Wapikoni mobile, c’est que la souveraineté narrative soit au cœur de chaque projet. Chacune des œuvres est pensée créée et portée par les personnes participantes. C’est fait pour elles, c’est fait pour leur communauté », souligne Roxanne Lajoie. « Les cinéastes mentors sont vraiment excellents à accompagner les participants dans chacune des étapes. »
Gertrude Pinette a décidé de raconter son histoire sous forme de poèmes qu’elle a écrits. Elle y donne un message d’espoir et de persévérance. Elle souligne que parfois, il faut retourner dans le passé, mais qu’il ne faut pas y rester.
« Je souhaite que les gens avancent malgré tout, qu’ils aillent chercher de l’aide, qu’ils aillent chercher les moyens où ils vont être bien », confie Gertrude Pinette. « Il ne faut pas s’imposer des choses que nous n’allons pas aimer faire, mais faire des choses qu’on aime, qui ont de l’intérêt, qui nous font rêver », conclut-elle.