CHRONIQUE | Les sceptiques sont confondus

Par Johannie Gaudreault 12:00 PM - 11 novembre 2025
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Messmer a offert un spectacle à Baie-Comeau et Sept-Îles, les 1er et 2 novembre. Photo Johannie Gaudreault

Messmer a hypnotisé pas moins de 10 personnes en trois minutes sur la scène du Centre des arts de Baie-Comeau. C’est facile de croire que c’est « un show arrangé » quand on le voit faire à la télé. Mais, quand ce sont des gens de chez nous qui font le clown sur scène, notre scepticisme se dissout. 

C’est à tout un spectacle qu’ont eu droit les 850 spectateurs baie-comois, le 1er novembre. J’étais là, au centre de la rangée H, bien en avant, et j’en ai ri à en avoir mal au ventre. 

Bien entendu, c’est toujours drôle de voir des personnes sous hypnose faire des niaiseries. Cette fois, la rigolade est passée à un autre niveau parce que c’est du monde que l’on connaît. 

Il y en a un qui a volé le show. Steve Loiiiisellle, comme il le disait. Le Baie-Comois, impliqué notamment dans le Club Lions, a permis à la foule de se tordre de rire, rien de moins. 

Dès le départ, il était sous hypnose sans être encore monté sur scène. Un effet découlant de ses anciennes histoires avec Messmer. 

« Ce n’était pas la première fois que je me faisais hypnotiser par Messmer. La première fois, c’était à son spectacle à Baie-Comeau il y a 12 ans. Là, c’était la quatrième fois », raconte celui qui dit avoir du plaisir à participer au spectacle.

Depuis sa première rencontre avec l’hypnotiseur de renom, Steve Loiselle a toujours un lien avec lui. « Il y a une petite musique d’ambiance au début du spectacle et la palpitation commence. La minute qu’il entre sur scène, la palpitation de mon cœur s’emballe et il prend le contrôle », me raconte-t-il au téléphone quelques jours après l’événement.

Cette relation spéciale, il se l’explique difficilement, mais il croit que ça remonte à sa première hypnose. « Messmer avait touché en arrière de ma nuque et j’avais senti le courant passer dans ma colonne. Quand je raconte ça, personne n’y croit ça, mais c’est quand même spécial. »

À ceux qui sont septiques face à ce genre de spectacle, Steve Loiselle les rassure : « Je ne suis pas payé pour aller là, je paye mon billet comme tout le monde. »

Il comprend que certains peuvent penser que c’est arrangé avec le gars des vues. Mais il certifie que ce n’est pas le cas. « Il y en a qui ont essayé et que ça n’a pas fonctionné. Moi, ça fonctionne. Même ma fille de 8 ans ne me reconnaît pas quand je suis dans cet état-là », fait-il savoir précisant qu’il sort « brulé » du spectacle. « Le lendemain, je suis zen. »

Depuis son passage sur scène, le Baie-Comois se fait parler de sa « performance » par de nombreuses personnes. Nous le reverrons peut-être en hypnose à la télévision puisqu’il a signifié son intérêt à participer à la future émission de Messmer.

Voici le groupe de participants lorsqu’ils pensaient avoir gagné 13 M$ à la loterie. Photo Steve Loiselle

« Le plus beau bout du monde »

Stéphanie Chassé a aussi charmé le public ce soir-là. Celle qui réside à Godbout, « le plus beau bout du monde », comme elle l’a bien rappelé à Messmer, n’en était pas non plus à ses premiers pas en hypnose. 

Elle avait déjà tenté l’expérience il y a plusieurs années et c’est à ce moment qu’elle a découvert sa réceptivité. « J’étais montée sur scène seulement la moitié du spectacle et l’autre moitié, je n’étais pas tout à fait là », se souvient-elle. 

Elle a tellement aimé ça qu’elle a participé aux auditions pour l’émission Lâchés Lousses animée par Messmer et Charles Lafortune, il y a plus de six ans, sans toutefois être sélectionnée.

La dernière fois, à Baie-Comeau, elle est demeurée sur scène tout au long du spectacle. Elle se rappelle de tout ce qui s’est passé et elle en rigole encore aujourd’hui. 

Les spectateurs qui l’ont vu à l’œuvre lui remémorent également des passages bien hilarants. « Ils m’appellent 6 +1, c’est rendu mon surnom », dit-elle en riant. Messmer l’avait empêché de dire le chiffre 7. La jeune femme utilisait donc 6 +1 à la place, ce qui n’a pas manqué de faire rire la foule.

Pour Stéphanie Chassé, il est « vraiment impossible » que les spectacles d’hypnose soient planifiés d’avance. Elle parle elle aussi d’une relation spéciale avec Messmer.

« Quand je le vois, même si ça fait longtemps, j’ai les genoux mous. Je ramollis. Quand il m’approche, je viens presque en sueur. C’est vraiment spécial », partage celle qui aimerait participer à la nouvelle émission de l’hypnotiseur.

« Jay Maloney »

Je ne peux passer sous silence les fous rires provoqués par Jay Maloney ou plutôt Mathis Gagné qui avait littéralement oublié son nom. Il l’avait tellement effacé de son subconscient qu’il a même profité de l’entracte pour le changer sur Facebook. 

Aussi surprenant que ça puisse l’être, Mathis souffre d’anxiété sociale. « J’avais déjà vécu une première expérience d’hypnose avec un hypnothérapeute, mais j’étais un peu dans le déni en allant voir Messmer. Je ne pensais pas que je serais capable de monter sur scène devant 1 000 personnes », me confie-t-il. 

L’étudiant de 21 ans en Sciences de la nature au Cégep de Baie-Comeau ne regrette pas d’avoir été la cible de Messmer. « Je pense que grâce à ça j’ai travaillé un peu sur ma peur », estime celui qui s’est d’ailleurs inscrit pour participer à la future émission de l’hypnotiseur vedette. 

Mathis ne se souvient pas de tout ce qui s’est passé, mais surtout des moments marquants comme lorsqu’il a perdu sa couille gauche après un (faux) accident. « Jamais je n’aurais fait ça dans la vraie vie », rigole-t-il encore quelques jours après l’événement. 

Le jeune Baie-Comois se sentait en sécurité sur scène et surtout dans un état de « rêve ». « On se sent très bien et on écoute seulement la voix de Messmer comme s’il n’y avait rien autour. Je ne me rendais pas compte qu’il y avait une caméra », relate-t-il. 

Aux sceptiques, Mathis Gagné lance : « Je les comprends de penser que ça peut être arrangé, mais ce ne l’est pas. Je ne pourrais jamais faire ce genre de choses si je n’étais pas en état d’hypnose. »

Au final, je ne vois pas comment les hypnotisés pourraient faire semblant. Leurs réactions sont réelles, comme s’ils vivaient réellement la situation. Ce n’est pas de l’improvisation et ils ne jouent pas la comédie. « On vit les émotions très intensément », témoigne Stéphanie Chassé.

Mention spéciale à tous les participants qui, chacun à leur façon, m’ont permis de me bidonner et de ressortir du Centre des arts la tête légère et le sourire aux lèvres comme bien d’autres spectateurs.

Steve Loiselle et Mathis Gagné sur la scène. Photo Steve Loiselle