Dossier

Les coquerelles, ces nouvelles résidentes de la Côte-Nord

Par Emy-Jane Déry 8:32 AM - 11 novembre 2025
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Une batte sur le plancher d'un appartement. Photo Pixabay

Une résidente d’un immeuble de Sept-Îles se fait réveiller par des coquerelles qui tombent du plafond, jusque dans son lit. Elle n’est pas la seule à ne plus vouloir fermer les yeux dans son propre logement, tétanisée par l’angoisse de les ouvrir dérangée par les chatouilles non désirées des pattes de ces insectes, aussi répugnants qu’indésirables. Au cours des dernières années, la présence nouvelle de cafards est devenue un véritable fléau pour des propriétaires et des locataires de la région.

La locataire malchanceuse est voisine d’un logement qui serait la source d’une infestation dans son immeuble. Cette dernière a beau collaborer, suivre toutes les instructions de préparation en vue d’une extermination, il n’en est rien si un autre des locataires du bâtiment choisit de ne pas en faire autant. 

Rapidement, les cafards, coquerelles ou blattes, appelez-les comme vous voulez, peuvent se répandent d’un logement à un autre. C’est particulièrement le cas dans les immeubles qui sont moins récents. 

« Ce ne sont pas tous les locataires qui collaborent ou qui réalisent la gravité de la situation », déplore Jayson Burns. « Pour certains, une coquerelle, c’est comme de voir un maringouin dans une maison », illustre-t-il. 

Depuis environ 8 ans, le Septilien œuvre comme co-propriétaire d’immeubles locatifs. Il possède environ 250 portes dans la région. 

Au cours des six derniers mois, il a dû faire exterminer à quatre reprises l’un de ses immeubles. Durant cette période, il estime à environ 30 000 $ les dépenses encourues par la problématique.

Avant l’an dernier, il n’avait jamais été confronté à la présence de cet insecte nuisible. Pourtant, dans les jours suivant notre entretien, une extermination était prévue dans un autre de ses immeubles. Le problème semble vouloir s’installer. 

Chez Devcore, l’insecte indésirable s’est aussi manifesté récemment. L’entreprise immobilière, qui possède plus de 500 appartements à Sept-Îles, dit avoir eu recours à un exterminateur pour des coquerelles environ six fois depuis l’automne 2024. C’était alors aussi une première expérience en la matière à Sept-Îles, pour le gestionnaire immobilier. 

Jayson Burns et Devcore seraient loin d’être les seuls propriétaires confrontés à cette nouvelle réalité.

Pour Karl Lagacé, d’Extermination KJ à Sept-Îles, la situation a commencé à se manifester sur le territoire au cours des trois dernières années. Avant, les coquerelles, ce n’était pas une problématique répandue sur la Côte-Nord.

« Je m’en doutais que ça allait finir par arriver un jour, parce que c’est partout ailleurs dans le Québec qu’il y a des problèmes de ça. Par exemple, à Montréal, c’est un gros fléau. Mais, tu sais, nous autres, on n’a jamais vraiment été touchés par ça. Au début, ça a commencé tranquillement, mais je vais te dire, depuis trois ans, on en fait [des exterminations de blattes] de plus en plus », a-t-il dit. 

L’été a d’ailleurs été record en la matière pour Extermination KJ, qui est l’une des seules entreprises d’extermination dans la région. 

« En août seulement, nous avons traité pas loin de 200 logements », affirme Karl Lagacé. 

Et les choses n’iront pas en s’améliorant, de l’avis de l’exterminateur. 

« Ça va être de plus en plus. Un coup que c’est installé, ça va être dur de régler le problème à 100 % », a-t-il affirmé. 

Tantôt ce sont les propriétaires qui ne collaborent pas, tantôt ce sont certains locataires. 

« Il y a en a que ça leur passe 100 pieds par-dessus la tête », dit M. Lagacé. 

Selon lui, les blattes sont un des insectes les plus difficiles à enrayer.

« Si on n’a pas la collaboration de tout le monde, s’ils ne font pas la préparation des lieux comme il faut, on a beau traiter 50 000 fois, n’importe lequel produit qu’on va prendre, nous n’en viendrons pas à bout », assure-t-il. 

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