Vision économique : Québec veut développer des infrastructures sur la Côte-Nord

Par Emy-Jane Déry 2:51 PM - 11 novembre 2025
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Les installations de la Société portuaire et ferroviaire de Pointe-Noire. Photo courtoisie, SFPPN

Le mégaprojet d’investissement de la Société ferroviaire et portuaire de Pointe-Noire (SFPPN) a été soumis par Québec au gouvernement fédéral comme un « projet d’intérêt national », apprend-on dans la vision économique dévoilée par le gouvernement Legault. 

Pour faire face au nouveau contexte mondial marqué par les tensions commerciales découlant des tarifs américains, le gouvernement de François Legault a dévoilé, lundi, « la nouvelle vision économique du Québec ». 

La Côte-Nord est un élément important de cette vision, particulièrement en matière d’infrastructures stratégiques.

Le projet d’investissement de la SFPPN, actuellement en phase d’étude, qui pourrait représenter 900 millions sur 3 ans, est nommé comme étant « d’intérêt national ». 

Cette affirmation cadre dans le contexte de la loi C-5 de Mark Carney, destinée à accélérer le lancement de grands projets d’infrastructures « jugées d’intérêt national » par le Cabinet du premier ministre. 

« Le gouvernement du Québec veut faire du levier avec les projets du gouvernement fédéral, ce qui est tout à fait logique », commente Paul Lavoie, directeur de Développement économique Sept-Îles. « Le fait qu’il y ait un levier qui arrive par les deux ordres de gouvernement, ça permettrait en fait de développer ces choses-là beaucoup plus facilement et beaucoup plus rapidement » a-t-il affirmé. 

Pour réaliser de la croissance à long terme, les infrastructures sont une « condition essentielle », fait-on valoir dans la vision économique. 

« Les infrastructures qui permettent de transporter des matières d’un point de production ou d’extraction vers les marchés de consommation et de transformation, en favorisant le développement de filières de 2e et de 3e transformation, sont stratégiques », explique Québec dans le document d’une soixantaine de pages. « Il s’agit d’investissements payants, puisqu’elles sont la meilleure  garantie d’un développement économique structurant à l’échelle nationale », poursuit-on. 

À ce chapitre, le fleuve Saint-Laurent et ses ports sont ciblés. On souligne la création du corridor maritime le long du Saguenay et du Saint-Laurent en octobre 2024, dont fait partie le Port de Sept-Îles. 

« Il faut poursuivre les investissements dans nos ports et développer une vision intégrée du territoire et du développement des ressources naturelles, dont les minéraux critiques et stratégiques (MCS), en les orientant vers l’exportation à valeur ajoutée », peut-on lire. 

La Fosse du Labrador

Le potentiel de la Fosse du labrador en matière de fer, mais aussi de minéraux critiques et de terres rares est souligné par le gouvernement. 

Il précise que le développement de ce territoire se fera en collaboration avec les Premières Nations ou Inuit concernés. 

« Plus de 40 projets d’exploration sont actifs dans cette zone et doivent composer avec des coûts élevés de développement considérant l’absence d’infrastructures adéquates », déplore Québec. 

Le développement de ces infrastructures, « qu’elles soient ferroviaires ou portuaires » sera une priorité assure-t-on, « pour l’exploitation des ressources ». 

« Développer la logistique sur le territoire, c’est ça qu’il manque vraiment pour ouvrir les portes au développement », croit Paul Lavoie, qui voit ces éléments soulevés par Québec dans le document comme étant « extrêmement positifs » pour la Côte-Nord. 

Ce sont des enjeux rencontrés régulièrement dans le cadre du travail de Développement économique Sept-Îles, pour accompagner les promoteurs intéressés par la région. Le transport des marchandises vers des sites de transformation est une des premières choses prises en compte. 

« Si on commence à envoyer le message que cet aspect-là va être facilité, c’est certain qu’on va en entendre parler, on va l’entendre dans le discours des promoteurs, puis on va en voir de plus en plus s’intéresser au territoire, ça, c’est certain », estime-t-il. 

Le projet d’une boucle ferroviaire pour optimiser le réseau de la Côte-Nord est une fois de plus évoqué par le gouvernement Legault. Ce dernier a déjà affirmé à quelques reprises qu’il souhaitait rendre le système ferroviaire entre ArcelorMittal et Rio Tinto plus efficace. 

« Elle permettrait de créer une chaîne de transport ferroviaire qui diminuerait de façon importante le temps d’arrêt des trains, tout en permettant d’augmenter grandement la capacité du transport de minerais », dit-il à propos de la boucle qu’il espère voir construire. 

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