Les groupements forestiers proposent du concret
Les emplois de l’industrie forestière sont menacés par les tarifs douaniers américains sur le bois d’œuvre, insistent les syndicats qui réclament une aide d’urgence. Courtoisie, archives.
Malgré les turbulences provoquées par les nouveaux tarifs douaniers américains sur le bois d’œuvre, Groupements forestiers Québec (GFQ), qui représente notamment le Groupement forestier de Charlevoix, invite à ne pas céder à la panique. L’organisation propose plutôt des mesures concrètes pour stabiliser la filière et protéger les emplois en région.
Cette mise au point a été faite à la suite des déclarations du premier ministre François Legault, qui a évoqué la possibilité de 30 000 pertes d’emplois à court terme dans le secteur forestier. Selon GFQ, il est essentiel de garder le cap et d’appuyer les acteurs régionaux, notamment ceux issus de la forêt privée, afin d’éviter une crise inutilement amplifiée.
Le président de GFQ, Rénald Bernier, estime qu’il faut demeurer lucide sans tomber dans le catastrophisme. « Nous ne voyons pas de scénario catastrophe, dit-il. Il faut plutôt miser sur des mesures stabilisatrices et structurantes pour traverser cette période difficile. »
Parmi les pistes évoquées, GFQ propose d’améliorer les politiques d’utilisation du bois dans la construction et de créer un crédit d’impôt afin de compenser l’impact des tarifs américains. Ces mesures permettraient de soutenir à la fois les producteurs, les entrepreneurs forestiers et les collectivités régionales.
M. Bernier rappelle que les groupements forestiers jouent depuis plus de cinquante ans un rôle crucial dans le développement économique local. Issus du mouvement des Opérations Dignité dans les années 1970, ces organismes ont contribué à la survie de nombreuses communautés rurales, notamment dans Charlevoix et ailleurs au Québec.
Le contexte international ajoute à l’urgence d’agir intelligemment. Alors que la COP 30, tenue actuellement au Brésil, place la forêt au cœur de la lutte contre les changements climatiques, M. Bernier souligne que « les groupements forestiers ont développé au fil des ans des pratiques exemplaires en matière d’aménagement durable. Avec un coup de pouce, nous pourrions faire encore plus, ce qui bénéficierait aussi bien à l’environnement qu’à l’économie des régions. »
L’organisation demeure convaincue que la solution passe par la collaboration, la valorisation du bois local et la stabilité économique plutôt que par la peur et les scénarios extrêmes.