Le traditionnel voyage de trois matchs en trois jours en Abitibi n’est certainement jamais facile pour le Drakkar; encore plus lorsqu’il est accompagné d’un arrêt à Victoriaville en chemin. Posant pied à Rouyn-Noranda pour une première fois vendredi, les vikings ont tenu tête à la troupe de Steve Hartley pour la majeure partie de la rencontre, mais ont quitté l’aréna Glencore bredouilles, subissant un revers de 3-1.
« Ce qui est le fun après un match comme ça, c’est de voir plusieurs gars qui sont déçus, choqués. C’est bon signe. Ce n’est pas une saison facile; ça a été difficile nos cinq derniers matchs, mais la plupart du temps, comme aujourd’hui, les gars ne lâchent pas. », commentait l’entraîneur-chef Jean-François Grégoire après la partie.
Défensivement, force est d’admettre que Baie-Comeau a tiré son épingle du jeu face à une formation qui lutte parmi les équipes à la tête du classement. Après deux périodes, bien que les Huskies devançaient le Drakkar 24-10 pour les tirs cadrés, ils n’avaient l’avance que 7-5 pour ceux considérés dangereux et le pointage principal était à 1-1. Autrement dit, on a plié, mais on n’a pas cassé, ou presque.
Lorsque l’on fait l’histoire du duel, on peut s’apercevoir que ce sont les quelques bévues nord-côtières qui ont été fatales. « Le premier but, on l’a donné en ne bloquant pas le tir quand on était en contrôle. Le deuxième but, c’est une mauvaise exécution. Chaque détail est important et on en a eu la preuve. Tu fais deux erreurs, boum, deux buts. », ajoutait Grégoire.
Le Drakkar avait initialement pris les devants en fin de première période, Jacopo De Luca faisant habilement bifurquer un tir de Drew Allison. Rouyn-Noranda a par la suite nivelé les chances sur un long tir que Lucas Beckman n’a jamais vu, alors que la meute venait de sortir bredouille d’un long avantage numérique de deux hommes. Les Huskies ont finalement profité d’une rare erreur baie-comoise en sortie de zone pour prendre les devants mi-troisième, avant de compléter dans une cage abandonnée à la toute fin.
Un peu d’ambivalence
Alors que le Drakkar s’est présenté à Rouyn-Noranda à l’avant-dernier rang pour le pourcentage d’efficacité en désavantage numérique, il s’est pourtant donné des allures d’équipe championne à cet égard durant toute la soirée. Au cours de leurs nombreux jeux de puissance, les Huskies ont été muselés par l’unité défensive nord-côtière, notamment au cours d’une longue séquence où elle devait se défendre à trois joueurs. Au bilan, les chances de marquer de qualité des locaux ont été bien peu nombreuses par rapport au temps passé en supériorité numérique.
D’un autre côté, il n’en demeure pas moins que le Drakkar a passé beaucoup de temps et a dépensé énormément d’énergie à se défendre. Bien que les Huskies n’ont pas été en mesure de faire payer leurs adversaires directement pour tout ce temps passé au cachot, l’attrition qui en a résulté a eu un impact non négligeable. Difficile d’aller chercher du rythme et de provoquer des chances de marquer lorsque l’on doit d’abord et avant tout étouffer les menaces. « Les trios de Powers, de Kay, de Kirkwood amenaient de l’énergie, sauf qu’en désavantage, on surtaxe des joueurs. On n’a pas pu aller chercher le rythme que trois trios sur quatre apportait. Des rondelles dans les estrades, avoir fait trébucher… L’effort est là, mais il faut être capables de contrôler ses actions. » renchérissait le pilote du Drakkar.
Il s’agit donc d’un résultat mi-figue mi-raisin. Des bons éléments sur lesquels on peut bâtir, des moins bons sur lesquels il faut travailler. Le Drakkar prend la route de Val d’Or pour affronter les Foreurs samedi, avant de retourner à Rouyn-Noranda dimanche pour une revanche, qui conclura ce long périple.