Programme d'éducation intermédiaire

L’école Serge-Bouchard prône l’inclusion plutôt que l’élitisme

Par Charlotte Paquet 6:00 AM - 18 novembre 2025
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Steeve Ahern, directeur général de l'école secondaire Serge-Bouchard, voit grand pour le projet pilote mené cette année dans le cadre du Programme d'éducation intermédiaire. Photo Charlotte Paquet

Passer de l’élitisme à l’inclusion pour le bien de tous. C’est avec cette prémisse en tête que l’école secondaire Serge-Bouchard (ESSB) réalise, depuis le début de l’année scolaire, un projet pilote de déploiement du Programme d’éducation intermédiaire (PEI) à l’ensemble de ses étudiants de première secondaire. 

Le PEI, faut-il rappeler, existe depuis plus de 25 ans dans l’école. Ce programme du Baccalauréat international, désigné par les acronymes IB en anglais et BI en français, a toujours réuni les étudiants les plus talentueux triés sur le volet. Sa philosophie même se veut une voie pour développer l’ouverture sur le monde, la réflexion et l’altruisme des jeunes, entre autres bénéfices. 

Depuis la rentrée de l’automne, le PEI est dispensé à la centaine d’étudiants de première secondaire de l’école et sans discrimination. Les trois groupes sont hétérogènes, mais les valeurs de base liées au programme et les objectifs recherchés restent les mêmes.

« Il n’y a rien qui change dans le programme. On s’est dit : on va faire un essai pour un an. D’ici la fin de l’année scolaire, on va regarder si on l’offre à tout le monde », explique le directeur de l’ESSB, Steeve Ahern, en faisant référence aux cinq années du secondaire.

Ce dernier considère la formule gagnante jusqu’à présent. Peu importe leur facilité ou leur difficulté d’apprentissage ou leur milieu d’origine, les étudiants y trouvent leur compte, comme avec l’élargissement à tous du service par l’action, cite en exemple M. Ahern. Ce service, précise-t-il, se distingue grandement du bénévolat pur et simple en ce sens qu’il demande réflexion et introspection.

Respecter l’essence même

En misant sur l’inclusion, l’école secondaire respecte l’essence de la philosophie derrière le Baccalauréat international. « De plus en plus, l’IB veut redorer son blason et remettre les vraies valeurs en place », indique Steeve Ahern.

Au fil du temps, l’élitisme s’est imposé plus qu’il n’aurait dû dans le cadre du PEI. « L’IB ne préconise pas l’élitisme et le SÉBIQ non plus », poursuit M. Ahern, en faisant référence à la Société des écoles du monde du BI du Québec et de la francophonie.

Cette organisation, qui soutient les écoles qui offrent un programme issu du Baccalauréat international, a d’ailleurs été associée de près aux démarches préparatoires au projet pilote de l’ESSB.

École avant-gardiste

Le directeur est fier de voir la réalisation du projet pilote en cours auprès des plus jeunes de ses étudiants. « À mon avis, on est une école avant-gardiste. De la manière dont on travaille, on est un modèle », indique-t-il, en faisant référence aux exigences de la SÉBIQ. 

Des travaux de chaires de recherche universitaires menés par de grands noms du monde de l’éducation, notamment le psychologue et spécialiste de la réussite scolaire Égide Royer, ont conclu aux bénéfices apportés par la mixité des étudiants, insiste Steeve Ahern. 

« On est allés chercher des recherches faites ailleurs pour aller voir les pratiques efficaces. On s’est basés là-dessus. Si on regarde juste ce qui se fait dans notre cour, on ne trouvera pas grand-chose. »

L’école du boulevard Blanche à Baie-Comeau n’est pas la seule à amorcer un tel virage au Québec en ce moment, mais elles sont rares.

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Isabelle Guay
Invité
Isabelle Guay
26 jours il y a

Bravo pour votre audace au service de la réussite des élèves!