La Manicouagan s’enrichit de cloches de récupération de textiles

Par Charlotte Paquet 12:00 PM - 23 novembre 2025
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Le pavillon Mance à Baie-Comeau met à la disposition du public une cloche de récupération de textiles. Le Dépannage de l'Anse en a déployé pour le moment sept autres sur le territoire de la MRC de Manicouagan.  Photo Charlotte Paquet

Des conteneurs de récupération de textiles font leur apparition dans six localités de la MRC de Manicouagan depuis la mi-novembre. L’acquisition de 10 cloches, leur nom exact, est le fruit d’une initiative du Dépannage de l’Anse de Baie-Comeau, destinée à détourner le maximum de matières de l’enfouissement en rapprochant le service des gens.

« C’est pas tout le monde qui peut venir ici en arrière et déposer ses choses », explique Raphaël Hovington, secrétaire du Dépannage de l’Anse, en faisant référence à la chute pour le dépôt des dons située derrière l’édifice de la rue De Puyjalon.

Trois cloches sont installées à Baie-Comeau, soit au pavillon du Lac, au pavillon Mance et au pavillon Saint-Sacrement. Une quatrième est sur le point de l’être près de la chute de l’organisme afin de faciliter l’accès au dépôt pour certains.

Ragueneau, Chute-aux-Outardes, Pointe-aux-Outardes, Pointe-Lebel et Franquelin bénéficient aussi de ce type de conteneurs qu’on retrouve un peu partout au Québec.

Un dixième conteneur est en réserve dans un entrepôt. C’est l’entreprise Sani-Manic qui a assumé gracieusement le transport des cloches sur les sites identifiés.

Dans une seconde phase du projet, des aménagements sont prévus dans les municipalités de Godbout et de Baie-Trinité afin de bonifier la récupération de textiles provenant de leur population.

Des chiffres effarants

Selon des données de 2023 de la Régie de gestion des matières résiduelles de Manicouagan, souligne M. Hovington, 865 tonnes de vêtements par année sont jetées à la poubelle. À Baie-Comeau, ce sont 646 tonnes de textile. « Pourtant, il y a le Marché de Claire qui en récupère. Il y a nous qui en récupérons. Malgré ça, il y en a quand même 646 qui s’en vont à l’enfouissement. »

En rapprochant le service des gens, l’organisme a bon espoir que l’impact sera réel sur la quantité de vêtements récupérés. Lorsqu’on sait que ces matières peuvent prendre jusqu’à 100 ans avant d’être détruites et que les teintures qu’elles renferment peuvent contaminer la nappe phréatique, le projet de cloches prend tout son sens.

Questionné sur l’objectif quantitatif de ce nouveau mode de récupération, M. Hovington est d’avis qu’un bond de seulement 10 % serait déjà très bon. La cueillette des matières sera effectuée au moins une fois par semaine.

Le nouveau service permettra aussi au Dépannage de l’Anse d’avoir accès à un meilleur choix de vêtements pour la vente à sa friperie et, qui sait, remettre peut-être sur les rails ses opérations d’exportation si des acheteurs lèvent la main.

Un projet de 208 000 $

L’élargissement du marché de la récupération représente un projet de 208 000 $ sur deux ans, dont 25 000 $ pour les 10 cloches. Il entraîne la création d’un poste de préposé à la cueillette et au tri, en plus de consolider les six emplois actuels.

Le Dépannage de l’Anse sort 26 000 $ de ses goussets dans le projet. Il peut compter sur plusieurs partenaires financiers, dont la Corporation Innovation et Développement Manicouagan.

Fait à noter, Raphaël Hovington deviendra directeur général par intérim de l’organisme à compter du 1er décembre, pour une période qu’il espère très provisoire. Il consacre déjà à l’organisme plus d’une vingtaine d’heures de bénévolat par semaine depuis 2022 en raison de l’absence de directeur général.

Ses premiers mandats concerneront la stabilisation des opérations et le lancement d’un concours pour l’embauche d’une personne à la direction générale au début de 2026.

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