La Société ferroviaire et portuaire de Pointe-Noire dans l’œil du cyclone

Par Emelie Bernier 5:00 AM - 26 novembre 2025 Initiative de journalisme local
Temps de lecture :

Gabriel Striganuk, PDG de la Société ferroviaire et portuaire de Pointe-Noire (SFPPN). Photo Emelie Bernier

Il pourrait bien s’agir de la tempête parfaite pour la SFPPN, estime son président-directeur général Gabriel Striganuk. Ce dernier, entré en poste en août dernier, considère que le positionnement stratégique de l’organisation est un atout de taille dans le contexte économique et politique qui se dessine.   

Le dernier budget du gouvernement Carney ne laisse aucune place au doute : la voie sera libre, et déblayée, pour les grands projets de développement, notamment miniers et énergétiques, sous ce règne politique. Dans ce contexte, le réseautage avec les acteurs de l’industrie est essentiel. 

« Notre présence ici, ce n’est pas tant pour le congrès en soi, les conférences, que pour les gens. Tous nos partenaires sont ici, Minerai de fer Québec, la Société du Plan Nord, Torngat… Et on en profite pour rencontrer des fournisseurs. Ça bouge beaucoup, à la SFPPN, et c’est pour ça qu’on est là », indique M. Striganuk.

La SFPPN est particulièrement bien positionnée, puisqu’elle a entrepris des démarches en amont qui lui permettront de faire face à la musique.

« L’avantage pour nous, c’est qu’on a commencé notre étude l’an dernier pour se préparer pour cette vague-là, qu’on pressentait avec le changement de gouvernement. Il y a un potentiel de croissance important et il faut être bien préparé, être prêt a démontrer ce qu’on est capable de faire », dit-il. 

Les Conservateurs, d’abord pressentis pour former le gouvernement, ont mordu la poussière, mais les Libéraux ont une vision de développement qui est particulièrement favorable au secteur industriel.

« Ça fait très bien, surtout avec la vision du PM Carney au niveau du développement des infrastructures, notamment portuaires et stratégiques. Au provincial, on veut miser sur les minéraux critiques, les minéraux de fer, la décarbonation… Tout est lié et le timing était bon », indique M. Striganuk.

Le projet le plus porteur dans un horizon rapproché est celui de la mine Kami.

« Notre travail avec Champion Iron et leurs partenaires japonais pour le projet KAMI est ce qui nous occupe le plus. C’est ce qui va déclencher chez nous une phase d’investissement qui est le début d’Horizon 7. Les deux premières phases visent à nous permettre d’accueillir un 20 millions de tonnes de plus, ce qui permettrait de faire KAMI. C’est ça notre focus. » 

Horizon 7, qui implique des investissements de 900 M$, vise à doubler la capacité des infrastructures et des équipements de la Société ferroviaire et portuaire de Pointe-Noire (SFPPN), d’ici 7 ans.

Le projet de mines Kami n’a pas été mis sur la voie rapide du gouvernement fédéral à ce jour, mais d’autres vagues d’annonces sont prévues.

« Oui, on l’espère que Kami sera mis sur la voie rapide. Notre projet Horizon 7 a été proposé comme projet d’intérêt national, parce qu’il y a un lien avec Terre-Neuve et ce lien, c’est Kami. Il faut le voir comme un tout. Kami, on veut que ça se fasse, ce serait des investissements majeurs pour Sept-Îles, majeurs pour nous. C’est 4 ans de construction, 200 employés dans la construction en moyenne, des retombées très importantes. »

Mais tous les œufs de la SFPPN ne sont pas dans le même panier.  

La Société possède, entre autres, 500 hectares de terrain « développable ». Torngat s’y intéresse de près. « Ils visent 110 hectares. Ils ont fait des études géotechniques sur le site tout l’été, indique le PDG. C’est là qu’on en est. Ce n’est pas le même genre de transaction, on loue ou on vend un terrain, mais on est intéressé dans la chaîne logistique. Il va y avoir des conteneurs qui vont arriver et partir, on peut jouer un rôle à ce niveau-là. Les discussions sont bien établies. On va suivre leur rythme. » 

Deux PDG, une vision

Gabriel Striganuk et sa vis-à-vis au Port de Sept-Îles, Alexandra Chouinard, ont des « visions qui convergent ». Ils sont d’ailleurs entrés en poste à peu près en même temps. « Et on a le même âge, à 7 jours de différence », rigole M. Striganuk. 

Plus sérieusement, il affirme que les deux pôles sont intimement interreliés.

« Nos relations sont vraiment super. Sans eux, on ne serait pas capable de redémarrer. On veut tous les deux de la croissance. Pour Horizon 7, on a travaillé en partenariat. On est très intégré. »

Et il faudra l’être pour répondre à la demande qui s’annonce exponentielle.

S’abonner
Notification pour
guest
0 Commentaires
Le plus ancien
Le plus récent Le plus populaire
Commentaires en ligne
Afficher tous les commentaires